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jeudi, 10 novembre 2016

Vieussan : Lecture théâtralisée de lettres de « Poilus » ce 12 novembre

Au lendemain de l'anniversaire de l'armistice, la lecture théâtralisée de lettres de « Poilus » par la Compagnie Escalier B rappellera l'horreur de la guerre.

Les lettres de ces « Poilus », soldats français des Hauts Cantons de l'Hérault et d’ailleurs, font plonger avec effroi dans la dure réalité de la Première Guerre Mondiale de 1914 à 1918. Nommée Grande Guerre, elle a causé des dégâts d’une ampleur accablante, à la fois humains et matériels. Plus de 1,4 millions de Français sont morts au front.

Dans les tranchées les poilus ont écrits de saisissants témoignages.jpgDans l'enfer des tranchées les "Poilus" ont écrit de saisissants témoignages

Chacun des mots de ces lettres bouleversantes* dit l’enfer vécu par les soldats. Le 22 août 1914 l’armée française connaît ce qui va rester comme «le jour le plus meurtrier de l’histoire de France», où près de 27.000 hommes sont tués, notamment en Belgique.

L’abominable bataille de Verdun fut l’une des plus longues et dévastatrice. Bataille sans merci où pendant 10 mois plus de 2,3 millions de soldats découvrent l'horreur des tranchées, les blessés dans la boue, la souffrance. Les affrontements sans répit laissent derrière eux 300 000 morts.

Ces Récits de Campagne, témoignages saisissants de la guerre lancent un pathétique appel à la paix.

Pour cette lecture théâtralisée par la Compagnie Escalier B, l'entrée est gratuite et sera suivi d’une conviviale rencontre apéritive offerte par la commune, dans la salle du peuple de Vieussan, le samedi 12 novembre à 18 h.

 

*Une de ces "lettres de poilus", écrite par Pierre ..., le 22 septembre 1916 à Verdun :

« Ma chère Édith,

La vie ici est très dure. Dans les tranchées, l’odeur de la mort règne. Les rats nous envahissent, les parasites nous rongent la peau ; nous vivons dans la boue, elle nous envahit, nous ralentit et arrache nos grolles. Le froid se rajoute à ces supplices. Ce vent glacial qui nous gèle les os, il nous poursuit chaque jour. La nuit, il nous est impossible de dormir. Être prêt, à chaque instant, prêt à attaquer, prêt à tuer. Tuer, ceci est le maître-mot de notre histoire. Ils nous répètent qu’il faut tuer pour survivre, je dirais plutôt vivre pour tuer. C’est comme cela que je vis chaque minute de cet enfer. Sans hygiène. Sans repos. Sans joie. Sans vie.

Cela n’est rien comparé au trou morbide où ils nous envoient. Sur le champ de bataille, on ne trouve que des cadavres, des pauvres soldats pourrissant sur la terre imprégnée de sang. Les obus, les mines, détruisent tout sur leur passage. Arbres, maisons, et le peu de végétation qu’il reste. Tout est en ruine. L’odeur des charniers, le bruit des canons, les cris des soldats… L’atmosphère qui règne sur ce champ de carnage terroriserait un gosse pour toute sa vie. Elle nous terrorise déjà.

Lundi, je suis monté au front. Ils m’ont touché à la jambe. Je t’écris cette lettre alors que je devrais être aux côtés des autres, à me battre pour ma patrie. Notre patrie, elle ne nous aide pas vraiment. Ils nous envoient massacrer des hommes, alors qu’eux, ils restent assis dans leurs bureaux ; mais en réalité, je suis sur qu’ils sont morts de peur.

Ah ! Ce que j’aimerais recevoir une lettre. Cette lettre, celle qu’on attend tous, pouvoir revenir en perme. Ce que j’aimerais te revoir, ma chère épouse ! Retrouver un peu de confort, passer du temps avec notre petit garçon… Est-ce que tout le monde va bien ? Ne pensez pas à toutes ces horreurs. Je ne veux pas que vous subissiez cela par ma faute. Prends bien soin de toi, de notre fils, et de mes parents. Et, même si je ne reviens pas, je veillerai toujours sur toi. Je pense à vous tous les jours, et la seule force qui me permet encore de survivre, c’est de savoir que j’ai une famille qui m’attend, à la maison.

J’espère être à vos côtés très prochainement, à bientôt ma belle Édith, je t’aime. Pierre (source http://dailygeekshow.com/verdun-poilus-lettres/

Plus de témoignages de lettres de « Poilus » sur ce lien et celui-ci

Commentaires

Gorges Brassens l'a chantée : "La guerre de 14-18" !
Une chanson hommage à la Paix, à écouter en suivant le lien ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=l2F5qaHzkj0

Écrit par : Olivier | dimanche, 20 novembre 2016

Quand on lit ces lettres de Poilus, que peut-on dire …
C’était il y a 100 ans. 100 ans … Deux guerres terribles et l’homme n’a pas changé ! Des millions de morts ! pourquoi ?
Mourir pour la paix, alors que celle-ci ne règne toujours pas 100 ans après... quel gâchis humain !
Faut-il saluer le courage de ces soldats qui pour sauver une patrie ont donné leur vie ? ou pleurer sur la misère de ces vies brisées, de ces souffrances imposées, pleurer sur tant de morts inutiles, sur l'absurdité de la guerre...

Écrit par : Annie | dimanche, 20 novembre 2016

Les commentaires sont fermés.