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vendredi, 14 septembre 2018

Votre chronique : Hauts Cantons - HURLEVENT ASSO

Communiqué de HURLEVENT ASSO "Faire échec à Riols 2 !" 

"Appel à dons pour lutter contre Riols 2

Récemment, nous vous informions des dangers qui menacent notre vallée et ses environs : c’était le document intitulé « Alerte à l’éolien industriel sur les Avant-Monts ! » ventsetterritoires.blogspot.com/2018/08/alerte-eoliennes-...

Riols 2.pngProjet Riols 2

Les aérogénérateurs ne produisent que peu d’électricité, mais, par contre, beaucoup de profits aux opérateurs et à leurs actionnaires. En attendant, notre vallée, déjà sinistrée, risque de sombrer définitivement si ces projets aboutissent.

Nous luttons contre le projet Riols 2 par des actions diverses, et en introduisant un recours en justice, au Tribunal administratif.

Ce recours a un coût. Nous ne pouvons réussir seuls.

Aidez-nous en nous faisant un don aussi modeste soit-il.

Ce don, vous pouvez l’envoyez à l’adresse suivante : Association Hurlevent, Coumeilho 34390 Prémian,

ou par Internet, grâce au Pot-commun, adresse sécurisée, en suivant ce lien…

https://www.lepotcommun.fr/pot/8j4xltar "

samedi, 16 juillet 2016

Votre chronique : "Néocolonialisme et éolien industriel"

Un communiqué à partager :

"Néocolonialisme et éolien industriel

Une réalité politique, économique et sociale antidémocratique

Le colonialisme a été reconnu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale comme une relation inégalitaire s'opposant au « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».

C’est ce déni de « notre droit à disposer de nous-mêmes » qui me fait faire aujourd’hui ce parallèle entre néocolonialisme et éolien industriel.

Le colonialisme était une forme d'expansionnisme et d'impérialisme.

Qui consistait à défendre les intérêt politiques d’un état ou ceux économiques d’un industriel privé au détriment des intérêts du pays où il s’installait.

Aujourd’hui, les promoteurs s’appuient sur l’administration politique (les maires) en faisant jouer les ressorts de la finance (les retombées économiques), le tout étant imposé de la manière la plus antidémocratique qui soit aux populations locales (tout se passe dans le plus grand secret).

Cela induit une relation de dépendance totale au lobby de l’éolien industriel car aucun élu n’arrive à réaliser combien leur liberté est annexée par l’arrivée d’un promoteur. Ce dernier devient le maître qui décide de l’avenir radieux du territoire qu’il vient d’annexer. On promet de l’argent, des soutiens à des projets, on fait miroiter un développement économique. Rien de tout cela n’est vrai. Certains élus de nos jours se comportent comme les petits chefs de village lors de la colonisation de l’Afrique au 19 ème siècle. A ceux-là on promettait les honneurs et on remettait de la verroterie. A ceux-ci on promet un développement économique et on remet des miettes de bénéfices.

Les motivations de la colonisation ont été essentiellement des motivations économiques (s’enrichir), stratégiques (empêcher des concurrents de prendre la place) et des motivations idéologiques (diffuser la civilisation).

On retrouve ce même schéma avec l’éolien industriel. Les promoteurs s’enrichissent, ils confirment leur prises d’intérêts sur un territoire au nom d’une pseudo « transition énergétique ». Cela s’appelle du « green washing ».

Le dernier aspect du colonialisme dont il faut tenir compte c’est le rapport à la violence. A l’origine et après la conquête militaire initiale, le colonialisme s'est souvent accompagné d'actes de violences pour soumettre les populations.

Aujourd’hui, il n’y a pas une manifestation d’opposants à un projet industriel qui n’ait vu l’arrivée des forces de l’ordre. La mort de Rémy Fraysse à Sivens en est malheureusement le plus tragique exemple.

De plus, souvenons-nous du rôle soit-disant positif de la colonisation. C’est bien encore à cela que l’on veut nous faire croire aujourd’hui. Mais le rapport entre colonialisme et croissance économique n'a toujours pas été démontré et la paix sociale au sein des villages durement touchée.

Complicité du public et du privé

Dès 1873 l'industrie européenne a bénéficié de l'expansion coloniale au prix d'énormes dépenses publiques réalisées dans les colonies. Aujourd’hui, les promoteurs privés bénéficient du soutien de l’état et les retombées financières dans les caisses des municipalités imposent un modèle de développement économique en complète contradiction avec les besoins des habitants du pays.

Là où il faudrait maintenir un tissu social actif, une économie locale et des emplois pérennes, l’éolien industriel contribue à la désertion des territoires, au saccage de zones pourtant réputées pour leur intérêt écologique.

Dernier point :

Le lobby de l’éolien industriel est très puissant, que ce soit au niveau de l’Etat ou de l’Europe.

Nous n’avons pas les moyens des grandes multinationales.

Mais pour y faire face, nous, associations de citoyens, collectifs ou autres, pouvons coopérer et mettre en commun nos moyens pour revendiquer notre « droit à disposer de nous-mêmes »." Hildegarde Champêtre

mercredi, 01 juin 2016

Votre chronique : Pierre Rabhi appelle à « quitter le culte de la croissance indéfinie »

Communiqué par le 27 mai 2016

"Pierre Rabhi appelle à « quitter le culte de la croissance indéfinie »

Pierre Rabhi appelle à « quitter le culte de la croissance indéfinie »

COP 21 et persistance d’un modèle de consommation obsolète 

Déjà en amont de la COP21, Pierre Rabhi exprimait ses doutes quant à son efficacité. Le fondateur du mouvement Colibri était assez pessimiste sur le sujet : « Il ne sortira rien de cette énième grand-messe. J’ai du mal à croire que les changements structurels nécessaires y soient actés ». Car, pour lui, la COP21 ne s’attaque pas « aux sources des déséquilibres ».

Quelles sont alors les sources de ce déséquilibre à la fois écologique, mais aussi économique (entre les pays du Nord et du Sud, par exemple) ? Selon le sage paysan, c’est notre modèle économique même et notre façon de consommer. Il en appelle donc à « quitter le culte de la croissance indéfinie ».

Arrêter d’en vouloir toujours plus : la seule solution 

Seule solution pour s’en sortir, quitter ces pratiques effrénées de consommation, pour se tourner vers d’autres solutions plus durables et modérées dans leur fonctionnement : « Il faut entrer dans une nouvelle ère, celle de la modération : modération de la consommation et de la production ». Au rang des choses à supprimer : la pêche industrielle, l’agriculture intensive, etc.

Une nouvelle façon de consommer et de créer de la richesse doit être mise en place, selon Rabhi. Et cette nouvelle façon, c’est l’agroécologie, concept qu’il défend depuis longtemps. Cette nouvelle vision de l’agriculture promeut le compostage, la pluriculture, la recherche de complémentarité entre les espèces, la réintroduction des haies, etc. Une  façon de cultiver la terre qui a déjà fait ses preuves, notamment lors de la mission qu’il a menée en 1981 au Burkina Faso, avec son association Terre et Humanisme : l’expérience a permis aux paysans burkinabés de retrouver une autonomie alimentaire, qu’ils peinaient à atteindre lorsqu’ils essayaient de se développer selon les lois de la mondialisation.

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Ce qui l’inquiète : la récupération de cette idéologie par les multinationales

L’idée de l’agroécologie se répand de plus en plus dans les médias, dans les discours des politiques, dans celui des grands groupes, etc. Une évolution qui, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne réjouit pas son chantre tant que cela. Pierre Rabhi considère l’adoption de ce discours comme un leurre des grandes multinationales, qui se cachent derrière du greenwashing.

« L’agroécologie, ne se résume pas à des techniques, mais répond à une éthique de vie qui consiste à préserver la terre en tant que patrimoine », déclare-t-il, nous rappelant aussi la composante humaine de l’agroécologie, que certaines grandes entreprises négligent toujours, alors même qu’elles prétendent aller vers une agriculture plus durable. Une agriculture plus équilibrée passera par l’arrêt de l’exploitation de l’humain, pense l’agronome algérien.

Contre l’agriculture industrielle : les initiatives citoyennes

Désillusionné sur le pouvoir des initiatives gouvernementales et internationales, comme la COP21, Pierre Rabhi n’est pourtant pas pessimiste. Il entrevoit une lueur d’espoir au bout du chemin : les initiatives citoyennes. Selon le sage de l’agroécologie, c’est par le bas que se fera la révolution de demain.

« La société civile est en train de se forger un nouvel imaginaire face à un système à bout de souffle, dont le déclin se traduit par la montée du chômage, de la pauvreté et de nombreux déséquilibres. (…)Les innovations sociales qui se multiplient sur les territoires, dans l’écologie, les énergies renouvelables, l’éducation… sont autant d’expérimentations qui vont assurer le futur», décrypte Pierre Rabhi.

C’est pourquoi lui-même souhaite épouser le mouvement et lui fournir un nouveau souffle. Au micro du Monde, il confie envisager de «lancer une plate-forme citoyenne, un forum civique qui révélera tout ce qu’entreprend la société civile. Un inventaire dynamique des alternatives, en quelque sorte, qui permettra, quelques mois avant les échéances de 2017, de montrer aux politiques ce que font les citoyens ».

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À quand un véritable support politique ? 

Pour Rabhi, on l’a compris, l’initiative vient d’en bas, des citoyens qui prennent conscience de l’obsolescence d’un modèle économique. Mais pour que cette révolution verte soit véritablement mise en place, il faudrait que ces initiatives qui viennent « par le bas », remontent « vers le haut » : « Si nous avions des politiques intelligents, ils appuieraient ces initiatives qui émanent de la société civile ». 

Rien n’est moins sûr en cette période de crise : entre élections présidentielles qui approchent et incompréhension des politiques, l’agroéconomie peut encore attendre. Il n’y a, pour s’en convaincre, qu’à se rappeler les mots récents de Sarkozy, qui définit l’agroécologie comme « une véritable obsession pour la destruction de notre puissance agricole qui serait remplacée par la possibilité donnée aux bobos d’aller faire leurs courses à la ferme dans le cadre des circuits courts ». Une analyse qui passe fondamentalement à côté d’une tendance émergente et dynamique de notre nouvelle société.

Cette incompréhension des sphères politiques conduit à l’immobilisme vis à vis de l’écologie et de l’industrie alimentaire. Pourtant, selon Rabhi, « il y a urgence. Car ce n’est pas la planète qui est en danger, mais l’humanité. La Terre, elle, en a vu d’autres ».

Sources : Interview de Rabhi par Le MondeLe mépris de Nicolas Sarkozy pour l’agroécologie

 

 

vendredi, 29 avril 2016

Olargues : le 30 avril, mobilisation "contre le saccage de nos territoires..."

Affichage de Affiche 30 avril 02.jpg en cours...Affichage de Affiche 30 avril 02.jpg en cours...manifestation citoyenne,actualités,associations,climat,courniou,débatforum,développement durable,écologie,economie,europe,haut languedoc,hauts cantons d'oc,hérault,mbilisation populaire,natureenvironnement,patrimoine,politique,pollution,santé,sciences et technologie,société,tourisme,urbanisme,somail,éolien industriel,association hurle vent

mardi, 26 avril 2016

Mons-la-Trivalle : une journée bio avec les jardins de Gus à la Tanek

Ce dimanche 1er mai, sera une journée exceptionnelle pour La Tanek : la petite boutique associative qui regroupe la riche exposition des produits du terroir et de l’artisanat locaux sera agréablement reverdie par la luxuriance et le parfums des végétaux.

La venue de Gus à la Tanek annonce toujours un été fertile.JPGLa venue de Gus à la Tanek annonce toujours un été fertile

Les jardins de Gus continuent leur vocation nourricière et viennent embellir toute la saison des jardiniers amateurs de vie saine, nombreux parmi les habitants les Hauts Cantons de L'Hérault.

La Tanek a changé de commune, transportant de Vieussan à Mons toutes ses productions locales, et , comme chaque année se fait une fête d'accueillir Gus et ses plants de culture biologique.

Plants de légumes bio : tomates, aubergines, courgettes, poivrons et bien d'autres, de variétés diverses, des traditionnelles aux plus exceptionnelles, et aussi des aromatiques classiques et originales et des plants de fleurs, promesse d'un bel été...

Le choix sera grand et Gus, égal à lui-même, sera là dans toute son authenticité pour accueillir les jardiniers d'un jour comme les plus experts !

La Tanek, désormais située face à la Crèche de Mons-la-Trivalle attendra de nombreux amateurs à ce sympathique rendez-vous de nature de 10 h à 19 h dimanche 1er mai.
Contact La Tanek :  tel. 07 68 41 09 39.

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mardi, 19 avril 2016

Haut Languedoc : Conférence Manifestation Citoyenne à Mazamet le 22 avril

Le collectif TNE communique :
 
 "APPEL À TOUTES LES ASSOCIATIONS ET À TOUTES LES PERSONNES QUI REFUSENT L'INVASION ÉOLIENNE INDUSTRIELLE DANS NOTRE RÉGION.
 
Le TNE est un collectif citoyen de 25 associations du Haut-Languedoc, militant pour préserver une montagne authentique et accueillante, pour défendre les droits de ses habitants et pour promouvoir des alternatives énergétiques."
 
Un aperçu de l'ampleur du débat autour de l'éolien industriel sur le lien : http://www.panache-salvetois.fr/mazamet-adresse-anti-eoli...

zones industrielles en nouvelle Occitanie.jpgzones industrielles en nouvelle Occitanie

 60 % de l'éolien industriel de la région est concentré dans 3 parcs régionaux (Haut-Languedoc, Grands Causses et Narbonnaise) ! Margeride, Lévezou, Corbières, Montagne Noire sont défigurés.
 
" Bonjour,
La Conférence Manifestation Citoyenne de Mazamet, c'est dans cinq jours seulement ! 
Une occasion unique de montrer notre indignation et notre résolution.
 
Une chance de nous rencontrer, associations, militants, sympathisants de toute la grande région.
Il est encore temps de s'organiser !
Il faut venir nombreux, covoiturer, rameuter nos voisins, nos amis, nos familles !

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Si certain-e-s d'entre vous souhaitent profiter du buffet froid en arrivant (servi entre 18h30 et 19h30) qu'ils veuillent bien nous le faire savoir avant jeudi soir.
Si besoin d'hébergement, contactez-moi rapidement." 

pour TNE Emmanuel Forichon tel 05 63 73 03 28
Contact : Toutesnosenergies@laposte.net ☎ : 06 08 68 00 96 et 05 63 73 03 28

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dimanche, 13 mars 2016

Infos du reste du monde : "Cet insoutenable mot de développement" (par Fabrice Nicolino)

Certains lecteurs m'ont adressé le reproche, parfois, que ce blog s'éloignait de son objet : "la vie des Hauts Cantons d'Oc..." me pardonneront-ils ? Ce sujet est-il si étranger à ce lieu ? il ne m'en semble pas si loin... et cerne si bien la question...

Un peu de lecture en partage pour ce dimanche, "...il faut souffrir parfois pour comprendre..." et une rencontre : celle de Fabrice Nicolino.

Fabrice Nicolino

"Fabrice Nicolino est un journaliste français né à Paris en 1955. Fabrice Nicolino exerce plusieurs métiers, dont certains manuels – entre autres dans la chaudronnerie et le soudage –, avant de devenir secrétaire de rédaction à l’hebdomadaire Femme actuelle en 1984. Il devient ensuite reporter, et depuis cette date, il collabore à de nombreux journaux, parmi lesquels Géo, Le Canard enchaîné,Télérama. En 1988, il participe au lancement de l’hebdomadaire Politis, qu’il quitte en septembre 1990, avant de reprendre une collaboration régulière entre 1994 et 2003. Il écrit dans le magazine Terre Sauvage entre 1994 et 2011 ; il est chroniqueur au quotidien La Croix depuis 2003. Il est également le fondateur, avec Dominique Lang, des Cahiers de Saint-Lambert, revue dont le sous-titre est « Ensemble face à la crise écologique ». Il tient par ailleurs un blog depuis août 2007 : « Planète sans visa ». Fabrice Nicolino écrit des articles sur le thème de l’écologie dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo depuis le mois de janvier 2010."

Texte tiré de son excellent livre « Qui a tué l’écologie ?: WWF, Greenpeace, Fondation Nicolas Hulot, France Nature Environnement en accusation », publié le 16 mars 2011 aux éditions Les Liens qui libèrent.

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Cet insoutenable mot de développement

«Tout s’explique enfin ! Tout devient affreusement clair, et même limpide. Au départ, un président américain, Harry Truman, qui invente développement et sous-développement. A l’arrivée, des philanthropes on ne peut plus madrés qui lancent le « développement durable ». Au fait, connaissez-vous Maurice Strong ?

Avis ! Ce chapitre est long et délicat à lire, à suivre, à digérer. Il est à la portée de tous, mais il commande de l’attention. Est-ce trop demander ? Je le crois d’autant moins qu’il contient des clés que je juge décisives. De même, en contrepartie, qu’un véritable suspense. Vous ne serez pas volés. Mais avant cela, retour à nos chers écologistes français, tellement français. S’ils ne s’intéressent aucunement à la structure du ministère de l’Écologie et au pouvoir réel dans notre pays, on se doute bien qu’ils sont encore plus indifférents à la marche réelle du monde. Et l’on a hélas raison. Pour commencer ce dernier chapitre, je me tourne d’emblée vers un très grand livre politique, lu certes, mais plus encore méconnu : Le Développement (histoire d’une croyance occidentale) par Gilbert Rist (Les Presses de Sciences Po).

Les découvertes de Gilbert Rist

Ce livre permettrait d’ouvrir des débats passionnants, qui rejetteraient fatalement dans les ténèbres extérieures tous les Grenelle de la terre. Et c’est bien pourquoi les écologistes officiels, s’ils en ont entendu parler, ne l’évoquent jamais. Au passage, pourquoi n’y a-t-il jamais de débat public sur le bilan de plus de quarante années de « militantisme » écologiste en France ? FNE [France Nature Environnement] a fêté en 2008 ses quarante années d’existence : pas l’ombre d’une discussion. Greenpeace aura le même âge en cette année 2011, et je gage, et je suis sûr qu’aucun bilan argumenté et contradictoire n’en sera fait. N’est-ce pas réellement stupéfiant, compte tenu de ce qui s’est passé sur terre depuis les années 1970 ?

Gilbert Rist. Ce professeur chenu il enseigne à Genève a publié la première édition de son livre en 1998. Je ne souhaite pas résumer ici une pensée passionnante de bout en bout. Seulement en extraire quelques éléments essentiels ici. Rist décrit le « développement » comme un élément clé d’une religion moderne aveugle à elle-même. Dit ainsi, cela ne paraît pas renverser les tables. Et pourtant si. D’où vient en réalité ce mot valise, ce mot fétiche, ce mot si plastique qu’il est utilisé par tous sans le moindre questionnement ?

A la suite de Rist, j’ouvre mon dictionnaire Le Robert dans son édition de 1992. À l’entrée« développement », on trouve quantité de synonymes tels qu’essor, épanouissement, progrès, expansion, croissance, et même rayonnement. On trouve aussi ceci : « Pays, région en voie de développement dont l‘économie n’a pas atteint le niveau de l’Amérique du Nord, de l’Europe occidentale, etc. (euphémisme créé pour remplacer sous-développé) ». Présenté de la sorte, accepté de la sorte, ce mot apparaît comme évident. Humaniste. Universel. Pleinement désintéressé. Oui, mais comme bien souvent, le recours à l’histoire peut se révéler indispensable. Car qui ignore sérieusement que les mots eux-mêmes ont un passé ? Le Robert entrouvert plus haut dispose d’une édition historique, en plusieurs volumes rouges, que j’ai le privilège de posséder aussi. On peut s’y promener pendant des siècles. On peut, si l’on aime la musique de la langue et sa structure intérieure, y gambader dans le bonheur le plus complet. Dans son livre, Rist nous offre un cadeau inestimable. Il tente de découvrir les premiers usages du mot développement dans le sens économique, politique et social qu’il a pris dans nos sociétés.

On me pardonnera d’aller droit au président américain Harry Truman, en poste de 1945 à 1953. Par une ironie coutumière de l’histoire, Truman aura régné sur le grand vainqueur de la guerre depuis la déroute des fascismes jusqu’à la mort, ou presque, de Staline, qui marquait sans qu’on le sache le début de la fin de sa si terrible dictature. Au moment où Truman succède à Roosevelt, le 12 avril 1945, Hitler s’apprête à se suicider dans son bunker, et l’armée stalinienne commence son plan de conquête de ce qu’on appellera l’Europe de l’Est. Les quelques vrais stratèges américains savent que la guerre froide va commencer, malgré les serments d’amitié éternelle entre vainqueurs de la guerre. Ils pensent déjà à l’éventualité d’un nouveau conflit qui opposerait les chars russes et américains sur le champ de bataille pourtant dévasté de la vieille Europe. Que pensent, que veulent les puissants partis communistes de France et d’Italie ? Qui tiendra les ports de Marseille, Saint-Nazaire, Cherbourg, Anvers, Gênes, Naples, indispensables pour débarquer du matériel lourd en cas d’affrontement ?

Harry Truman en 1949

Discours sur l’état de l’Union (1949)

C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le lancement du plan Marshall, le 5 juin 1947. Les États-Unis promettent d’aider massivement l’Europe, de manière qu’elle puisse reconstruire ses villes et ses infrastructures. Truman se comporte ainsi en excellent Américain : il est probablement sincère dans sa volonté « d’aider » l’Europe, mais sans oublier une seconde les intérêts de son propre pays. Offrir des crédits, des machines-outils, des tracteurs, des engrais et pesticides, c’est noble. Mais c’est également un moyen essentiel de contenir la poussée stalinienne. Et d’offrir des débouchés majeurs à une production matérielle devenue surabondante pour cause de guerre. La paix est parfois un grave problème.

Donc, le plan Marshall, en 1947. Le 20 janvier 1949, le président Truman, après avoir été réélu, doit prononcer le traditionnel discours sur l’état de l’Union. Mais ce discours-là va entraîner un authentique bouleversement, ce qui est en vérité bien rare. Pour préparer le discours présidentiel, des conseillers se mettent autour d’une table, et proposent pour commencer trois sujets, qui deviendront trois points centraux. L’aide à l’affermissement de l’organisation des Nations unies (Onu), encore toute jeune. Le maintien du plan Marshall, qui donne des résultats convaincants. La création d’une alliance militaire tournée contre l’Union soviétique, qui se nommera l’Otan.

Rien que de l’attendu. Selon Rist, l’un des fonctionnaires présents aurait eu l’idée d’ajouter un quatrième point au discours de Truman. Pour le rendre, dirait-on aujourd’hui, plus « sexy ». Il aurait proposé d’étendre aux pays pauvres l’aide technique réservée jusqu’ici à l’arrière-cour américaine, c’est-à-dire certains États de l’Amérique latine. Après hésitation, on se mit d’accord, et au lendemain du discours de Truman, toute la presse américaine titrait sur le désormais fameux « quatrième point ». En voici le début :

« Quatrièmement, il nous faut lancer un nouveau programme qui soit audacieux et qui mette les avantages de notre avance scientifique et de notre progrès industriel au service de l’amélioration et de la croissance des régions sous-développées. Plus de la moitié des gens de ce monde vivent dans des conditions voisines de la misère. Leur nourriture est insatisfaisante. Ils sont victimes de maladies. Leur vie économique est primitive et stationnaire. Leur pauvreté constitue un handicap et une menace, tant pour eux que pour les régions les plus prospères. Pour la première fois de l’histoire, l’humanité détient les connaissances techniques et pratiques susceptibles de soulager la souffrance de ces gens […] Je crois que nous devrions mettre à la disposition des peuples pacifiques les avantages de notre réserve de connaissances techniques afin de les aider à réaliser la vie meilleure à laquelle ils aspirent. Et, en collaboration avec d’autres nations, nous devrions encourager l’investissement de capitaux dans les régions où le développement fait défaut […] L’ancien impérialisme, l’exploitation au service du profit étranger n’a rien à voir avec nos intentions. Ce que nous envisageons, c’est un programme de développement fondé sur les concepts d’une négociation équitable et démocratique. »

Il s’agit d’un texte majeur, car il définit un cadre neuf pour les relations internationales. D’un côté des pays développés, dotés de moyens mécaniques immenses, notamment des machines et des moteurs, disposant d’un produit national brut en expansion constante, baignant dans une prolifération d’objets satisfaisant un à un tous les besoins. Et même de tout nouveaux. Et de l’autre, des pays « sous-développés », qu’il s’agit d’aider à atteindre le bonheur matériel des heureuses contrées américaines. C’est la naissance en direct d’un mythe, qui perdure. Pour ne prendre qu’un exemple éclairant, toutes les anciennes colonies nouvellement indépendantes, en Afrique par exemple, enfourcheront ce mauvais canasson. L’objectif des élites politiques du Sud éduquées en Occident, arrivées au pouvoir entre 1947 — l’indépendance indienne — et le début des années 1960, sera la poursuite du même mirage. Nous rattraper. Rouler en bagnole bientôt climatisée. Bâtir des éléphants blancs et des châteaux de sable tout en faisant suer le burnous à leurs peuples respectifs. Et pour cela accueillir tous les émissaires chargés de valises de billets. Les renvoyés du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), ceux de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, autrement nommée Banque mondiale. Ceux des transnationales du pétrole, des minerais, des services en tous genres, qui firent les fortunes de générations de satrapes.

Un avatar de la religion

L’idéologie du développement, dirait sans doute Rist, est avant tout un avatar de la religion. Cette croyance se moque en effet des notions de vrai et de faux, de faits et de raison, car elle n’est de toute façon pas réfutable.

Chacun peut voir à quel point le « développement » a échoué. Rist rappelle, après tant d’autres, que l’écart entre régions pauvres et riches était de 1 à 2 en 1700, de 1 à 5 vers 1900, de 1 à 15 en 1960, de 1 à 45 en 1980. Le Pnud, déjà évoqué ci-dessus, notait dans un rapport de 1999 sur le « développement humain » que l’écart entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches était de 1 à 30 en 1960 et de 1 à 74 en 1997. Tribune de Flemming Larsen, responsable du Fonds monétaire international, parue dans Le Figaro du 1er janvier 2001 :

« L’écart de revenus entre riches et pauvres n’a jamais été aussi grand. Il est impératif d’inverser cette tendance. »

Quelle jolie farce ! Qui ne voit la bidonvillisation du monde ? Le milliard d’affamés chroniques ? Ladestruction d’écosystèmes évidemment vitaux pour la suite ? Mais nul n’arrêtera en si bon chemin les croyants, servants et profiteurs du « développement », ce mot nouveau utilisé avec autant d’insouciance par le président Truman le 20 janvier 1949. Il résiste à la réalité parce qu’il est une chimère, un totem, une idole. Le « développement » est le bonheur en marche, mais il va falloir pour commencer se retrousser les manches, acheter made in America, accepter le principe d’échanges économiques internationaux entre égaux dont certains le sont nettement plus que d’autres.

« Le discours du président Truman, note Rist, était destiné d’abord à ses compatriotes, qui ne pouvaient être insensibles à cette manière de présenter l’histoire du monde ; elle était en effet d’autant plus vraisemblable qu’elle correspondait, sur le mode profane, à la vérité proclamée par l’Église. Mais cette audience dépassait largement les États-Unis puisqu’elle reposait sur une croyance partagée non seulement par le monde chrétien mais, d’une certaine manière, par tous les adhérents d’une religion de salut. » Du même coup, personne n’était plus en situation de questionner un modèle aussi prometteur. Qui aurait trouvé la force de contester une telle générosité ? Qui aurait osé prétendre qu’on peut vivre en forêt, pieds nus, ou en ville sans radio, ou manger de la viande seulement quand c’est possible ?

Bien entendu, l’apparition du mot dans le discours public ne faisait qu’accompagner un mouvement probablement irrésistible. Mais la force symbolique d’une appellation peut devenir une puissance matérielle. Et le « développement » l’est bel et bien devenu. A compter de 1949, deux milliards d’habitants du monde changent de statut. Ils deviennent des « sous-développés », qui seront sommés par tous les moyens concevables, incluant la propagande publicitaire au sens le plus large, de se conformer au modèle occidental de la vie. Leurs conceptions si diverses de l’existence terrestre, leur manière de parler, de conduire une famille, de cultiver leur lopin, de faire l’amour, leurs langues même deviennent peu à peu des obstacles au progrès décidé par d’autres. Splendide opération.

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Hold-up du côté du vocabulaire

Nous en serions encore là — nous y sommes, d’ailleurs — sans une deuxième formidable invention, connue sous le nom de « développement durable ». Je ne connais ni ne prétends connaître tous les détails d’un aussi considérable hold-up sémantique, mais je vais tâcher de vous raconter ce que je sais. Le 13 mai 2009, à New York, madame Julia Marton-Lefevre, directrice générale de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) tient un discours devant une commission des Nations unies. Citation en anglais : « You may be aware that the phrase “sustainable development” was first coined by our 1980 World Conservation Strategy. » Ce qui veut dire que l’expression « développement soutenable » a été forgée la première fois en 1980 dans un rapport de l’UICN, ce qui est tout à fait exact. Mais alors, amis du langage, pourquoi parle-t-on aujourd’hui de « développement durable » à chaque seconde ? Cela devient passionnant, car l’adjectif, utilisé par les biologistes de la conservation de l’UICN, a un sens singulier. Lorsque l’on dit dans ces milieux soutenable, cela renvoie à la capacité qu’ont — ou n’ont plus — les écosystèmes à supporter les activités humaines. Un exemple simple pour me faire comprendre : les océans de la planète sont un écosystème géant qui a servi l’aventure humaine depuis son apparition. La pêche industrielle est insoutenable, car elle met en question, dramatiquement, la capacité des mers à maintenir la stabilité de ses chaînes alimentaires.

Ce mot soutenable est d’autant plus intéressant qu’il renvoie donc à ce que personne ne veut voir, qui décide pourtant de tout. Les écosystèmes sont dits fonctionnels tant qu’on ne s’attaque pas à leur structure. Et quand leur structure s’effondre — cette menace est omniprésente d’un bout à l’autre de la planète —, aucune volonté humaine ne peut rétablir leur équilibre. Soutenable est donc un mot considérable, « forgé » précisément pour indiquer qu’il y a des limites. Que l’homme ne peut pas tout se permettre parce qu’il peut tout détruire.

Alors, pourquoi durable au lieu de soutenable ? J’ai sous les yeux en ce moment un livre paru au début de 1989 aux éditions québécoises du Fleuve. Il s’agit d’un rapport ennuyeux de la Commission mondiale pour l’environnement et le développement, rédigé en 1987. Cette douce manière de lier ensemble développement et environnement est déjà, en soi, une information. Mais ce livre est, malgré ses pesants défauts, devenu célèbre dans le monde entier, car son titre français est : Notre avenir à tous. Il s’agit d’un long texte préfacé par l’ancien Premier ministre de Norvège, madame Gro Harlem Brundtland, connu depuis sous le nom de « rapport Brundtland ». Aucun doute, c’est ce texte bureaucratique qui a lancé dans le grand public l’expression magique. Mais laquelle ? Dans mon édition française de 1989, on ne parle que de « développement soutenable », correcte traduction de l’anglais d’origine, sustainable development.

De soutenable à durable

Quand, comment et pourquoi est-on passé de soutenable à durable ? Selon les sources, cette tromperie, car c’en est une, serait venue des États-Unis, ou bien de France, pour cause d’usage, tout simplement. Je dois avouer un certain scepticisme. Un tel glissement a peu de chance d’avoir à faire avec le hasard. Quoi qu’il en soit, le mot durable sert admirablement bien des intérêts innombrables, à commencer par ceux de l’industrie, moteur essentiel de la destruction du monde.

Ouvrons ensemble l’un des livres les plus instructifs de ces dernières années : Développement durable, 21 patrons s’engagent. Paru au Cherche midi, en 2002, sous la signature conjointe du journaliste Teddy Follenfant et de l’ancien patron d’EDF Pierre Delaporte, il contient des entretiens ébouriffants avec de grands patrons français.

L’idéal serait de citer la totalité des deux cent vingt-deux pages, mais ce serait du vol. Il n’empêche que chaque ligne mérite examen. Selon Bernard Amault, patron de LVMH et homme le plus riche de France en 2005, « plus aucune réforme politique, plus aucun projet d’entreprise ne peuvent être conçus s’ils n’intègrent préalablement cette dimension [du développement durable] ». Éthique, impératif moral, Saint-Ex, stratégie sociale et environnementale, tout y est.

Comme sur le costume de guerre des pioupious de l’an 1914, il ne manque pas une guêtre. Surtout en Chine, où les nouveaux riches s’enivrent de produits de luxe made in LVMH pour mieux oublier sans doute les deux cents millions de mingong, ces chemineaux qui errent de ville en ville à la recherche d’un emploi précaire. Citation du site Tout sur la Chine (février 2010) : « Sur l’année 2009, c’est l’Asie qui a permis d’amortir l’effet de la crise pour LVMH […] La Chine à elle seule représente désormais 6 % des ventes du groupe. Hennessy est déjà en tête des ventes de cognac dans ce pays, où une autre marque du groupe, les chaussures Berluti, réalise une belle percée. Louis Vuitton, très présent en Chine depuis 1992, ajoutera à son puzzle trois grandes villes de province et renforcera sa présence à Shanghaï avec deux emplacements majeurs avant l’Exposition universelle (1er mai-31 octobre). »

Retour au livre. Bertrand Collomb, alors patron du cimentier Lafarge, grand partenaire du WWF : « Ledéveloppement durable est un développement économique qui ne compromet pas le développement des générations futures. » Développement, quand tu nous tiens. Voir supra la manière dont Lafarge voulait traiter les dunes sous-marines au large de Quiberon. Et le sort réservé aux riverains de la cimenterie Chatak du Bangladesh.

Faut-il y voir une dose d’humour supérieure ? Le fait est que Thierry Desmarest, patron de Total, sait rire : « Il est difficile de trouver une définition qui englobe tous les aspects du développement durable. »Comme il est difficile de trouver une définition englobant tous les aspects d’une noble entreprise comme Total, qui a digéré, faut-il le rappeler, Elf et son service secret interne, spécialiste de tous les coups tordus possibles en Afrique. Total, le Total de l’Erika, d’AZF, du soutien aux régimes d’Angola, du Gabon, du Congo, Total et le « développement durable ». Autre perle dans la bouche de Desmarest, qui dit absolument tout ce qu’il y a à comprendre : « Je dirais qu’on ne peut pas faire du développement durable sans être compétitifs. » Pardi, nous vivons dans un monde de brutes, où tous les coups sont permis.

Jean-Marc Espalioux, patron du groupe Accor, géant du tourisme de masse, avec 3 700 hôtels répartis dans 90 pays. S’il connaît le « développement durable » ? Enfin, bien entendu : « Avec le gouvernement égyptien, nous faisons de l’information et de la prévention auprès de nos clients pour préserver cette faune extraordinaire [celle de la mer Rouge]. Ailleurs, c’est le nettoyage des plages qui sera privilégié. » Et nous sommes tous ravis d’apprendre que le « développement durable » est « non seulement compatible, mais indispensable » avec la mondialisation du tourisme de masse. Plus on détruira des mangroves pour y bâtir des hôtels les pieds dans l’eau, plus on conduira en avion des millions de touristes exciter l’envie des gueux du monde réel, plus l’on importera à grands frais du vin et du champagne de France, et plus il faudra clamer son attachement inébranlable au « développement durable« . C’est logique.

Faut-il continuer ? Les meilleures distractions ont une fin. Les vingt et un patrons du livre montrent,ad nauseam, qu’ils ont compris que rien ne pouvait continuer comme avant. Plutôt, qu’il fallait passer le plumeau, suivi d’un badigeon vert printemps pour que tout reparte comme avant, exactement comme avant. Donnons la parole pour finir à cet excellent Francis Mer, P-DG en 2002 du groupe Arcelor  acier à tous les étages qui deviendra ministre de l’Economie du 7 mai 2002 au 30 mars 2004. Sous Chirac, le merveilleux ami de Nicolas Hulot. Voici : « Les entreprises sont faites pour “créer des richesses”. D’où l’idée de développement. J’insiste donc au moins autant sur l’idée de développement que sur le mot durable. » Ce qu’on appelle une belle franchise. Le développement durable est un développement qui dure jusqu’à la fin des temps.

Il faut bien en revenir aux origines, car on ne saurait comprendre le succès planétaire de l’expression« développement durable » sans examiner de plus près le rapport Brundtland, écrit en 1987. Je l’ai dit, il s’agit d’un texte lourd et indigeste de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement (Cmed). Sans ce travail, nous ne parlerions pas aujourd’hui, du moins comme tant le font, de « développement durable ». C’est une clé, et quelle clé !

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Les mystères du rapport Brundtland

La Cmed de madame Brundtland a une histoire, figurez-vous. Tout commence par des manœuvres dans les coulisses du grand bâtiment onusien de New York, près de l’East River. Le 1er janvier 1982, Javier Pérez de Cuéllar est devenu secrétaire général des Nations unies. Ce diplomate péruvien, qui ne connaît rien, absolument rien à l’écologie, va être entrepris par un autre responsable onusien pendant les premiers mois de l’année 1983. Je ne cite pas de suite son nom. Patientons. Cette entreprise aboutit à un communiqué très méconnu, en date du 19 décembre 1983, dont le titre anglais est : « Process of preparation of the environmental Perspective to the Year 2000 and Beyond ». En français, cette merveille bureaucratique donne à peu près :« Processus de préparation d’une perspective environnementale à l’horizon 2000 et au-delà ».

On préférerait sans doute un vers de René Char, mais il n’y a pas le choix. Le texte signale pourtant des points essentiels. En deux mots, mais on peut se rapporter à l’original (www.un.org/documents/ga/res/38/a38rl61.htm), l’ONU rapporte que la Commission qui va donner naissance au rapport Brundtland est la création du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE), créé en 1972. Sans intérêt? Si. Car le fondateur du PNUE et son premier secrétaire général n’est autre qu’un certain Maurice Strong, celui que je me retenais de citer. C’est lui qui a imaginé la Commission et convaincu Javier Pérez de Cuéllar de son intérêt pour le monde. Strong mériterait un livre à lui seul, mais je suis contraint ici à de courtes généralités. Disons avec prudence que c’est un personnage d’une rare complexité. Car il est l’homme du très gros business et du« développement durable », de façon inextricable.

Je m’appuie, pour tout ce qui suit, sur une source directe, car il s’agit du site Internet de Strong lui-même (www.mauricestrong.net). Officiellement, Strong a été socialiste une grande partie de sa vie. Comme il est canadien, il est important de le signaler, car là-bas, ce mot voisine le plus souvent, comme aux États-Unis, avec celui, honni entre tous, de communiste! Mais de quel socialisme peut-il bien s’agir ? Strong, né en 1929, a en effet fait fortune dans l’industrie pétrolière, où il aura servi les intérêts de diverses compagnies, parmi lesquelles Dôme Petroleum, Caltex (groupe Chevron), Norcen Resources, PetroCanada, dont il sera d’ailleurs le patron. Notons qu’il sera également P-DG du groupe canadien Power Corporation, qui mélange allègrement ses puissants intérêts dans la presse, ses activités industrielles et financières et le soutien direct à la droite canadienne fédéraliste. Ce qui n’est guère étonnant, car Strong n’aura en fait jamais cessé de faire de la politique, et toujours à droite. Je passe sur ses liens nullement secrets avec des responsables canadiens de premier plan, dont l’ancien Premier ministre du Canada Paul Martin. Dernière médaille du travail à accrocher au revers de Strong : il a dirigé Ontario Hydro, géant de l’hydro-électricité et du nucléaire. Cela sent son écologiste, pas à dire.

L’infiniment curieux, c’est que ce même Strong, fasciné d’après ses dires par l’ONU depuis la fin des années 1940 du siècle passé, est dans le même temps devenu la pièce maîtresse des Nations unies dans le domaine dit de l’environnement. Créateur du PNUE comme je l’ai dit, il sera aussi le grand organisateur du Sommet de la Terre de Rio, en 1992, ainsi que le tireur de ficelles du protocole de Kyoto, en 1997. En somme et en résumé, Strong est un grand capitaliste qui aura joué un rôle majeur dans l’histoire des quarante années passées de l’ONU.

Je précise tout de suite que je récuse en bloc toutes les rumeurs conspirationnistes qui tournent autour de sa personne, car ce sont précisément des rumeurs. Et pour ce que j’ai pu voir, elles ne sont pas fondées. Des spécialistes du complot lui attribuent la volonté grotesque de dominer le monde à l’aide de ténébreux mais puissants personnages. I don’t buy, comme on dit aux Amériques. Je ne marche pas. Les faits ne sont pas cachés, ils ne sont pas assemblés, et ce n’est pas du tout la même chose.

Maurice Strong, patron, diplomate et grand écologiste

Le sûr est que cet homme aura été l’un des plus puissants de sa génération. Le rapport Brundtland, s’il avait fallu dire la vérité, eût dû s’appeler le rapport Strong, qui a siégé d’ailleurs, officiellement, dans la Commission chargée de le rédiger. Si l’on regarde sa composition complète, on ne peut qu’être frappé par l’omniprésence d’anciens ministres et/ou businessmen. Citons par exemple Susanna Agnelli, Bernard Chidzero, Saburo Okita, Bukar Shaib, Paulo Nogueira Néto. Mais qu’ont donc à voir ces graves gens avec la crise écologique mondiale ? C’est à se demander. Peut-être est-il temps de vous dire que le rapport Brundtland n’est jamais qu’une resucée, à peine modifiée sur le fond, du discours du président Truman en 1949 ! On a essentiellement ajouté un adjectif au mot développement, et voilà tout. J’ouvre mon livre de 1989, cette fameuse édition québécoise d’avril 1989, et je lis à haute voix ce passage de la page 2 :

« La Commission est persuadée que l’humanité peut créer un avenir plus prospère, plus juste, plus sûr. Dans notre rapport, Notre avenir à tous, notre démarche n’est pas de prévoir une dégradation constante de l’environnement ni une progression de la pauvreté et des difficultés dans un monde de plus en plus pollué où les ressources seraient de moins en moins nombreuses! Nous envisageons plutôt la possibilité d’une nouvelle ère de croissance économique, s’appuyant sur des politiques qui protégeraient, voire mettraient en valeur la base même des ressources. Nous estimons que cette croissance est absolument indispensable pour soulager la misère qui ne fait que s’intensifier dans une bonne partie du monde en développement. »

Si ce n’est pas un chef-d’œuvre, cela y ressemble. Un concentré de croyance, comme en 1949, mais utilisé, mais manipulé bien sûr par des personnages de la trempe de Maurice Strong. Passons à la troisième dimension de cette personnalité hors normes. Il n’est pas seulement capitaliste et haut responsable de l’ONU, il est aussi écologiste. À la manière dont il se dit socialiste ? Chacun jugera. Le fait certain est que Strong a été un haut responsable de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui organisera un débat et une fête pour les 80 ans de Strong au siège de l’organisation à Gland (Suisse), les 1er et 2 juillet 2009. Le Canadien a également joué un rôle central dans le WWF Canada, dont il a été membre du conseil d’administration dans les années 1970. Évidemment — le mot qui s’impose — il a fait partie du conseil d’administration du WWF International, ce qui n’étonnera guère, tant il est vrai que la grande industrie et le WWF marchent main dans la main depuis les débuts de l’ONG écologiste. Plus étonnant tout de même : Greenpeace aime aussi Maurice Strong d’un amour tendre et sans nul doute sincère. En janvier 2002, Greenpeace International — le staff des chefs, installé à Amsterdam — publie un document titré : Leçons de l’histoire : sur la route de Rio à Johannesburg. Et note que dans un livre (Where on Earth Are We Going?), Strong décrit Greenpeace comme « peut-être l’ONG environnementale la plus influente » et « le principal “procureur” du mouvement écologiste », relevant qu’en plus de ses « tactiques de confrontation dramatique », elle mène « un travail constructif, bien que moins connu, en développant des propositions politiques crédibles et professionnelles dans de nombreuses négociations internationales ».

La traduction de l’anglais est balourde, mais elle vient de Greenpeace, pas de moi. Il s’agit en tout cas d’un sérieux hommage qui fait rosir de bonheur la haute hiérarchie de Greenpeace. Laquelle écrit à la suite : « Greenpeace exprime à M. Strong sa gratitude pour cette reconnaissance publique, et nous saluons ses propositions […] Les propositions de Maurice Strong ont de nombreux points communs avec celles de Greenpeace. » Ma foi, il me semble que les choses sont claires. L’UICN, le WWF et Greenpeace, qui pèsent fort lourd, côté ONG, dans le débat mondial sur la crise écologique, sont des amis de Maurice Strong, qui a pourtant utilisé la plus grande partie de sa vie au service de l’industrie transnationale, notamment pétrolière. On serait presque embarrassé de rappeler que cette même industrie pétrolière a joué et joue un rôle central dans le si vaste dérèglement climatique en cours. Et que certaines de ses compagnies majeures ont financé le sabotage de la prise de conscience des effets pourtant certains de cette crise globale.

Maurice Strong

Stephan Schmidheiny, le noble héritier

Qui est donc réellement Maurice Strong ? La réponse m’indiffère. Elle m’indiffère, car ce que je sais me suffit : Strong est l’homme des transnationales. De cette fraction pionnière de l’industrie transnationale qui a compris, avant bien d’autres, que pour continuer, il fallait s’adapter. Que pour permettre à la machine industrielle, cette authentique arme de destruction massive, de continuer sa route, il fallait la repeindre en vert. Faire ce que les Américains appellent du greenwashing, une plaisante façon de laver à grandes eaux vertes les sanies du passé. Maurice Strong, héraut mondial du capitalisme vert, dont nos nobles figures de l’écologie parisienne n’ont probablement jamais entendu parler. Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils sont.

Reste que Strong n’est pas immortel, hélas. À presque 82 ans, il reste très actif en Chine — pardi — et suit, sans doute par pure philanthropie, le dossier nord-coréen. De belles photos le montrent en compagnie du président chinois, et Strong ne tarit pas d’éloges sur le régime de Pékin, assurant par exemple (The Guardian, 23 juin 2010) : « Mais la Chine a maintenant compris que porter atteinte à l’environnement est l’un des risques pour le développement. Les Chinois font très attention à l’environnement. » Dire cela du pays qui détruit à la racine tous ses équilibres, et qui a notamment sacrifié le Yangzi Jiang — le grandiose fleuve Bleu — à la folie du barrage des Trois- Gorges, relève à coup certain d’un sens supérieur de l’humour. Mais Maurice Strong aura-t-il des successeurs ?

La réponse est oui. D’autant plus qu’il en a déjà. De nouveau, il me faudrait un livre pour décrire en profondeur un phénomène mondial, dont l’ampleur est colossale. Je me contenterai d’un exemple saisissant : Stephan Schmidheiny. Ce Suisse est l’héritier d’une dynastie capitaliste, qui aura bâti son immense fortune sur l’entreprise Eternit. Cette fois encore, patience, car je ménage certain suspense. Né en 1947, Schmidheiny devient en 1990 le bras droit de Maurice Strong dans la préparation du Sommet de la Terre de Rio, qui doit se tenir en 1992. Je le précise pour ceux qui ne le sauraient pas : Rio est une date majeure, qui assure le triomphe définitif du « développement durable » partout dans le monde. À partir de cette date, des milliers d’ONG, d’institutions publiques et privées, de structures gouvernementales ne cesseront d’ânonner le vocabulaire de Rio. Vingt ans après, nous en sommes au même point. Une génération militante a cru — et croit, d’ailleurs — aux Agendas 21, aux conventions internationales sur le climat, la biodiversité, la désertification. Article 3 de la grande déclaration finale, que n’aurait pas renié ce bon Harry Truman, ni bien sûr madame Brundtland : « Le droit au développement doit être réalisé de façon à satisfaire équitablement les besoins relatifs au développement et à l’environnement des générations présentes et futures. »

Impossible de surestimer l’importance de Rio. C’est un point de départ, et un point d’arrivée. Difficile de ne pas s’interroger sur la place centrale qu’y occupent Schmidheiny et Strong. Mais il est vrai que les deux hommes emploient volontiers pour se définir le mot de philanthropes. C’est plus fort qu’eux, ils aiment l’humanité. Cette fois encore, je m’appuierai essentiellement sur des propos estampillés.

Dès 1984, Schmidheiny crée au Panama une structure appelée Fundes, qui essaimera ensuite en Amérique latine. L’objectif officiel est d’aider les (nombreux) chômeurs de la région. Il s’agissait, écrira Schmidheiny (www.avina.net), « de mon premier pas en direction de la philanthropie organisée ». Il y en eut d’autres, en effet. Mais avant d’en parler, notons ensemble que, toujours selon notre héros suisse (entretien à la revue chilienne Qué Pasa, cité par Avina.net) : « Ma philanthropie n’a pas le sens classique de la philanthropie, qui signifie charité, dons aux pauvres pour manger, ce n’est pas de la miséricorde. Je vois cela comme un investissement dans les processus sociaux. Un investissement dans l’avenir d’une société dont je dépends et où je veux faire des affaires. » Une telle franchise est tout à l’honneur de notre grand « philanthrope ».

Après avoir lancé Fundes et co-organisé le Sommet de la Terre 1992 avec Strong, Schmidheiny est fatalement devenu un vigoureux militant écologiste. On le retrouve donc sans surprise, en 1994, à lancer une ONG nommée Avina, financée par une structure appelée Viva, qui est aussi propriétaire d’un trust industriel dont le nom est GrupoNueva, spécialisé dans le bois, l’eau, les tubes plastique, le fibrociment. Simple, non ? Avina a pour but revendiqué de « contribuer au développement durable en Amérique latine afin de promouvoir l’établissement de relations de confiance et de partenariats fructueux entre les chefs d’entreprise et leaders sociaux autour de programmes d’action consensuels ».

Avina et les « entrepreneurs sociaux »

Chaque mot compte, bien entendu. Les leaders sociaux sont ceux qui, voici quarante ans et plus, voulaient soulever le monde et se priver des services de tous les Schmidheiny de la terre. Il semble plus compatible avec l’essor du commerce et de la libre entreprise de se mettre ensemble autour d’une table, à discuter de programmes consensuels.

C’est très vraisemblablement ce qu’a réussi le philanthrope au Chili, où une opportune loi du dictateur Pinochet, en 1974, a permis à des sociétés forestières d’exploiter à leur convenance des terres disputées par les anciens habitants du lieu, les Indiens Mapuche. L’entreprise Masisa, qui fait partie de la nébuleuse GrupoNueva, y est installée, et possède 238 000 hectares de monocultures de pins et d’eucalyptus entre Chili, Argentine, Venezuela, Brésil, Pérou, Mexique.

Pour qui connaît la chanson, et c’est mon cas, il est aisé d’imaginer tout ce qu’une industrie de la sorte — gros engins, engrais et pesticides — peut avoir d’écologique. Et ne parlons pas des conflits d’usage avec les habitants des lieux, surtout quand la police et l’armée ne sont pas loin.

Parallèlement à sa nouvelle carrière latino-américaine, Schmidheiny a fondé une authentique merveille connue sous son nom anglais de World Business Council for Sustainable Development(WBCSD). Ce Conseil mondial des entreprises pour le développement durable est né au moment du Sommet de la Terre de Rio, en 1992. Il regroupe environ deux cents entreprises, dont la liste inclut d’autres philanthropes que Schmidheiny, tels China Petrochemical Corporation, Mitsubishi Chemical Holding Corporation, Solvay, AREVA, Dassault Systèmes S.A., L’Oréal, BASF, Bayer; Italcementi Group, Shell, Philips, Hoffmann-La Roche, Novartis, Syngenta, BP, Rio Tinto, Alcoa, Boeing, Chevron Corporation, Dow Chemical, DuPont, sans oublier The Coca-Cola Company.

Bref, toute la grande industrie a été réunie dans le WBCSD. J’ai sous les yeux un livre admirable — non traduit — paru en 2002 (BK éditions), Walking the Talk. Le titre signifie : joindre le geste à la parole. Ses auteurs sont Stephan Schmidheiny, Charles Holiday, patron de DuPont et Philip Watts, l’un des grands patrons de la Shell. On y trouve des études de cas, qui concernent l’activité des transnationales partout dans le monde. Soixante-sept monographies en tout.

Disons tout de suite qu’il faut avoir le cœur bien accroché. Je ne prendrai qu’un exemple, qui me touche singulièrement : le delta du Niger. Schmidheiny et ses acolytes inventent pages 34 et 35 un autre monde, dans lequel la Shell « a une longue histoire d’assistance aux communautés auprès desquelles elle travaille ». Au Nigeria, cela donne un beau rapport annuel, des tables rondes avec de gentils interlocuteurs, des aides à de beaux projets de « développement durable ». La vérité, connue de tous, est aux antipodes.

Le si prudent Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), dans un document de 2006 : « Les compagnies pétrolières, Shell Petroleum en particulier, opèrent depuis plus de trente ans [dans le delta du Niger] sans véritables contrôles ni réglementation régissant leurs activités dans le domaine de l’environnement. » Le dernier rapport d’Amnesty International sur le sujet, en date de juin 2009 : « La région est quadrillée par des milliers de kilomètres d’oléoducs et parsemée de puits et de stations de pompage. Une bonne partie de ces infrastructures sont situées près des maisons, des fermes et des sources d’eau des populations qui y vivent. L’industrie pétrolière est responsable d’une pollution généralisée de l’environnement dans le delta du Niger. Les fuites d’hydrocarbures, les déversements de déchets et les combustions en torchères sont bien connus et fréquents. » En 1995, pour ne pas remonter à Mathusalem, l’écrivain nigérian Ken Saro-Wiwa a été pendu haut et court par le gouvernement de l’époque. Ce naïf, qui n’aurait sans doute pas été invité à une table ronde, menait une bagarre publique et non-violente contre les activités de la Shell. Dans le delta du Niger.

Pollution au Nigéria, le responsable: Shell

Le machin appelé WBCSD a évidemment joué un rôle crucial, en coulisses, au Sommet de la Terre de Johannesburg, en 2002. Tandis que Jacques Chirac clamait à la tribune : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », les hommes de Schmidheiny vantaient dans des discussions moins verbeuses les mérites de leur si cher « développement durable ». Et ils ont également joué un rôle essentiel, bien que méconnu, dans la tenue de la Conférence mondiale sur la biodiversité de Nagoya (octobre 2010). Où il ne se sera surtout rien décidé, alors que nous vivons la sixième crise d’extinction des espèces.

Je n’en ai pas encore tout à fait fini. Cet excellent Schmidheiny a donc imaginé (voir supra) Avina. On retrouve dans son board of directors une certaine Ana-maria Schindler, par ailleurs vice-présidente d’Ashoka. Cela n’a rien de bien étonnant, car Ashoka se fixe comme mission de participer « à la structuration et au développement du secteur de l’entrepreneuriat social partout dans le monde, afin qu’il amplifie son impact sur la société ». En France, la BNP et la Société générale paient pour cela, de même que des entreprises plus discrètes que je n’ai pas découvertes. Au plan international, Ashoka dispose du soutien financier des plus grands cabinets de conseil aux transnationales : McKinsey and Company, Hill and Knowlton, Latham and Watkins.

Avina et Ashoka font à ce point le même métier qu’ils ont signé un partenariat stratégique, ce qui explique la présence de madame Schindler au bureau d’Avina. Encore un tout petit mot sur le sujet : le 18 décembre 2010, j’ai reçu un message électronique d’une gérante de supermarché bio que je connais bien. Et que j’apprécie. Elle m’invitait à une soirée consacrée à l’entrepreneuriat social, organisée à Paris par l’Unesco et… Ashoka. Et cela m’a rappelé que, voici trois ans à peu près, j’ai reçu une demande concernant un ami écologiste, Roberto Epple. Un Suisse. Un autre Suisse. Une structure inconnue de moi m’envoyait une série de questions sur Roberto, pour s’assurer qu’il méritait bien un prix récompensant son impressionnant engagement en faveur des rivières d’Europe. Comme j’estime au plus haut point Roberto, j’ai répondu, et il a obtenu son prix. Cette structure, bien entendu, c’était Ashoka, qui gagne chaque année en légitimité.

Les deux mille morts du procès de Turin

J’ai bien conscience d’avoir assommé mes pauvres lecteurs au cours de cet interminable chapitre surchargé de noms et de sigles. Mais la réalité est complexe, et il faut souffrir parfois pour comprendre, et pas seulement pour être belle, ou beau. Je conclus, je le jure. Sur une surprise qui n’en est pas une. Rappelez- vous : la fortune de Schmidheiny repose sur une entreprise du nom d’Eternit. Une dynastie familiale fondée sur l’exploitation massive de l’amiante partout dans le monde. Or un procès historique — un processo storico — a commencé à Turin en décembre 2009 et devrait se poursuivre jusqu’en 2012 peut-être. C’est qu’il y a des milliers de parties civiles. C’est qu’on tente de rendre justice à deux mille travailleurs morts d’avoir été exposés à l’amiante des usines italiennes d’Eternit. Bouleversant reste un faible mot pour évoquer ces spectres. L’accusé principal s’appelle, vous l’aurez deviné, Stephan Schmidheiny, qui refuse de se présenter au tribunal. Pensez donc ! Il a refait sa vie, il est écologiste, il est philanthrope. Comme dans une sorte de rappel du Portrait de Dorian Gray, Schmideiny ne veut en aucun cas se reconnaître dans ce visage du passé qui est pourtant le sien.

Citation du journal suisse 20 minutes (27 septembre 2010) :

« L’industriel suisse Stephan Schmidheiny, 63 ans, « savait bien qu’il était le propriétaire des filiales italiennes mais a tout fait pour le cacher ». Le procureur italien Raffaele Guariniello l’a dit lundi à Turin durant le procès du groupe Eternit. Les audiences du procès qui s’était ouvert le 10 décembre 2009 ont repris le 20 septembre dernier après la pause estivale. Pour l’accusation, il ne fait aucun doute que le milliardaire suisse était responsable des quatre filiales italiennes du groupe Eternit, ont indiqué les agences italiennes de presse.

Producteur de plaques pour la construction contenant de l’amiante, le groupe est considéré comme responsable de la mort d’environ 2000 ouvriers italiens et de la contamination de 800 autres. De 1973 à 1986, date de sa faillite, Eternit SA Italie aurait négligé les mesures de sécurité sur les lieux de travail. »

Schmidheiny encourt une longue peine de prison, mais quelque chose me dit qu’il y échappera. De nouveau, le journal suisse : « Le procureur italien Raffaele Guariniello a en outre aussi accusé Stephan Schmidheiny d’avoir cherché à influencer les médias italiens, par l’intermédiaire d’une agence de relation publique à Milan. De 2001 à 2005, l’industriel suisse aurait dépensé un million d’euros pour notamment faire en sorte que son nom n’apparaisse pas comme étant celui du propriétaire du groupe Eternit. »

And so what? La vie continue. Un certain Brice Lalonde a été chargé par l’ONU de préparer le prochain Sommet de la Terre, à Rio encore, mais en 2012, vingt ans après le premier. Brice Lalonde, ci-devant écologiste, il y a quarante ans, a viré à droite toute, devenant il y a quelques années un proche d’Alain Madelin, un ancien ministre ultralibéral qui a abandonné la politique pour les affaires. Lalonde prend donc la place de Maurice Strong pour l’organisation du Sommet de Rio, et il partage aussi bien ses valeurs que nombre de ses connaissances. La boutique est entre de bonnes mains, soyez-en certains. Au fait, et cela nous ramène tout droit à nos amis écologistes du Grenelle de l’environnement, Brice Lalonde est un vieil ami de Jean-Louis Borloo, avec qui il avait créé en 1991 Génération Écologie, pour casser les Verts, parti alors tout nouveau. C’est ainsi que le cercle se referme. Strong-Schmidheiny-Lalonde-Borloo-Le-Grenelle-de-l’environnement. Appelons cela un voyage immobile.

P.-S. : Je dois ajouter quelques mots sur la psychologie que je prête à des personnages comme Maurice Strong, Stephan Schmidheiny ou Brice Lalonde. Il va de soi que je ne les imagine pas s’endormir, le soir I venu, en ricanant de nous avoir entourloupés une fois de plus. Jusqu’à un certain point que je ne saurais connaître, ces hommes ont leur part de sincérité. Comme Truman dans son discours de 1949. Il est plus gratifiant, tout de même, de se voir en philanthrope que de s'accepter en manipulateur. Ces hommes pensent, probablement sur des registres intérieurs différents, deux réalités qui s’ignorent. La marche nécessaire — pour eux — du business, qui détruit. Et la nécessité de le «moraliser», de « l’écologiser » un peu, de manière que ce modèle « indépassable » puisse perdurer. Je pense que les diaboliser tout à fait serait leur rendre un service inutile. Ils nous mènent au gouffre, et voudraient qu’on les aime. Je passe mon tour. Ils ne sont que des instruments, certes. Mais du malheur. »

Fabrice Nicolino

vendredi, 08 janvier 2016

Les belles résolutions sont de saison !

mercredi, 25 novembre 2015

Hauts Cantons : Débat sur l'éolien en général et sur l'éolien en particulier avec l'Association Hurlevent

Débat sur l'éolien

Mercredi 25 novembre à 20 h à Riols et jeudi 26 novembre à 19 h à Courniou

Les éoliennes de l'Espinouse.JPG

Dix éoliennes géantes à Riols?

Débat sur l'éolien en général et sur l'éolien en particulier dans notre vallée et à Riols

EDF Energies Nouvelles fait sa propre publicité sans difficultés, car elle a l'appui des milieux officiels

et des médias, Il est bon que d'autres opinions s'expriment et soient entendues : pour nous, l'éolien comporte plus d'inconvénients que d'avantages,

Non à l'éolien industriel.JPG

Depuis notre première réunion, nous avons eu de nouvelles informations importantes qui changent la donne.

C'est pourquoi nous proposons aux habitants de Riols, de Courniou et des communes voisines de venir débattre 

sur les projets de parc éolien situé au-dessus de Marso et d'Euzèdes, 

et sur le projet de parc éolien situé au-dessus des hameaux de Marthomis, de Prouilhe et de Sabo.

• Quelles sont les nuisances ? Qui les subit ?

• Quels sont les effets de ces machines sur la nature ? L'environnement ?

sur le tourisme ?

• Quel nombre de machines sur nos crêtes (Avant-Monts, Somail) ? Serons nous encerclés ?

• Quel est le coût des éoliennes ? Qui paie ?

• Que rapportent-elles réellement aux propriétaires de terrain ? à la commune ? à la Communauté de

communes ?

• Dans le contexte de la restructuration des Com'com, quid du reversement envisagé de l'IFER par

la nouvelle Com'com ?... ...

Une réunion aura lieu le mercredi 25 novembre prochain à 20 heures

Cette réunion sera synthétique et rapide à la salle polyvalente de Riols

Dix éoliennes géantes à Courniou ?

Débat sur l'éolien en général et sur l'éolien en particulier dans notre vallée et à Courniou

Réunion le jeudi 26 novembre prochain à 19 heures à la salle polyvalente de Courniou

Association Hurlevent

mercredi, 05 août 2015

Vieussan : Les jardins de Gus apportent une manne de fraîcheur à La Tanek

Gus et ses légumes de plein champs gorgés de soleil s'exposeront le vendredi 7 août  de 17 h à 19 h 30,  pour un moment d'exception, à La Tanek petite vitrine ou artisans et producteurs locaux sont regroupés.

La Tanek surplombe l'Orb en bordure de la R D entre Vieussan et Tarassac. On y découvre mille et une créations et productions  locales.

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Avec Les jardins de Gus, tous les légumes de saison seront là, de nombreuses variétés de tomates, traditionnelles ou étonnantes, toutes plus savoureuses les unes que les autres, rafraîchissantes à souhait.

Des légumes biologiques, bons pour la santé, nés d'une terre cultivée dans le respect du à toute forme de vie. 

Le label AB, garantie pour les consommateurs est aussi une fierté pour le producteur adhérant à l'éthique de la charte de qualité basée sur l'interdiction de la chimie de synthèse. Il permet ainsi d'identifier les produits issus de l'agriculture biologique.

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Gus s'adonne avec optimisme au labeur physique quotidien, respectueux des équilibres naturels, qui nécessite une communication intime avec la terre.

Vacanciers et habitués pourront venir à nouveau faire provision de fraîcheur et de santé le vendredi 7 août puis le 14 et le 21, de 17 h à 19 h 30 à La Tanek et apprécier produits et artisanat local.

Contact La Tanek : tel  04 67 95 78 07.

Tous les mercredis, Gus est aussi présent sur le marché de Saint Pons en matininée.

vendredi, 24 juillet 2015

Vieussan : « Les jardins de Gus » sont à La Tanek ce vendredi

Le 24 juillet de 17 h à 19 h 30 Gus proposera ses légumes de plein champs gorgés de soleil devant La Tanek, boutique associative qui regroupe artisans et producteurs locaux.

La Tanek, située à gauche en bordure de la Route Départementale après Vieussan en direction de Tarassac, surplombe l'Orb. Il ne faut pas rater le parking, sur la droite, juste à quelques mètres avant la boutique.

Le stand des jardins de Gus, une abondance de beaux et bons légumes

Tous les légumes de saison seront là et de nombreuses variétés de tomates,  vertes, noires,  jaunes ou rouges, toutes plus savoureuses les unes que les autres, rafraîchissantes à souhait.

Des légumes biologiques, bons pour la santé, nés d'une terre « cultivée »  avec le respect du à toute forme de vie.

Le label Bio est une certification pour les consommateurs et une fierté pour le producteur qui revendique ainsi une éthique, souvent  mise à mal par la société « de consommation ».

L'ambition de Gus, jardinier prodigue, c'est de participer à l'échange essentiel entre la Terre et l'Homme, où la nature est une source vive.  « tu es ce que tu manges » dis le vieil adage qui engage chacun à se pencher sur cet acte indispensable à la vie : se nourrir.

« Avoir un travail pour en vivre et faire vivre autour de moi. » Telle était la décision de Gustave, voilà déjà quelques années. Une philosophie, mais aussi un rude labeur, respectueux de tous les critères du label «  bio » qui nécessite une communication intime avec la terre, un investissement physique quotidien.

Gus s'y adonne au fil des jours avec un optimisme sympathique et communicatif. Il faut le saluer pour sa constance et son engagement où tout jardinier amateur trouvera un exemple et tout consommateur son bonheur.

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Un rendez-vous à ne pas manquer ce vendredi et retrouvez Gus sur le marché de Saint Pons, tous les mercredis en matinée. 

mardi, 05 mai 2015

Mons-la-Trivalle : le nouveau livre de Naomi Klein partagé ce Jeudi 7 mai au Comptoir Associatif

L’idée, c’est de faire une lecture à plusieurs voix de ce gros livre ‘’Tout peut changer’’ publié chez Actes Sud par Naomi Klein, l’auteure de « No Logo ».

Naomi klein, un regard différent sur le changement climatiqueNaomi klein, un regard différent sur le changement climatique (photo Rosa Luxemburg Stiftung–New York Office)

Le dilemme est bien connu : d’un côté, afin d’éviter le dérèglement de notre climat, nous devons réduire notre usage des ressources naturelles ; de l’autre, s’il ne veut pas s’effondrer, notre modèle économique exige une croissance sans limites fondée sur le tout pétrole. Il n’y a qu’un seul de ces paramètres qui peut changer, et ce ne sera pas la nature.

« Un constat s'impose, précisent les organisateurs, depuis que les gouvernements se sont décidés à prendre en compte la question du réchauffement, les émissions de CO2 ont augmenté de 61%. »

Débat à l’initiative du Front de Gauche de La Vallée, « de 18 heures à 20 heures, suivi d’une dégustation de vins « nature », c'est en effet indispensable… pour garder le moral !» 

lundi, 04 mai 2015

La Semaine du Développement Durable devient Européenne en 2015 !

S. E. D. D. du samedi 30 mai au vendredi 5 juin

Changement de nom et changement de dates à noter dans les agendas, du samedi 30 mai au vendredi 5 juin, la Semaine européenne du développement durable (SEDD). En 2015, la Semaine du Développement Durable devient Européenne !

Les modalités d’inscription des projets français sur le site ne changent pas. En France, la SEDD sera un puissant vecteur de mobilisation au service de la transition énergétique et du changement climatique.

Déclaré « grande cause nationale » à l’occasion de la tenue de la COP21 en décembre prochain. Au-delà de la thématique annuelle, l’appel à projets est ouvert à tous les champs du développement durable.

1/ Qui peut s’inscrire ? Collectivités, associations, entreprises, administrations, établissements d’enseignement, centres de recherches, établissement publics, musées, fondations, organismes de gestion, etc.

2/ Quels sont les objectifs ? Sensibiliser aux enjeux du développement durable Apporter des solutions concrètes pour agir Inciter à l’adoption de comportements responsable

3/ Pour qui organiser un événement ? Grand public, jeunes, professionnels, public interne, scolaires, collectivités, experts.

4/ Quelles sont les thématiques ? L’appel à projets est ouvert à tous les champs du développement durable : consommation, biodiversité, climat, déchets, eau, emplois verts/formations, énergie, habitat, loisirs, mer/littoral, RSE, sports, tourisme, transports, urbanisme, jardinage, etc.

5/ Quels types de manifestations organiser ? Action pédagogique, conférence, concours, exposition, sortie, village associatif, visite, festival, marché, portes ouvertes, projection de film, sport, etc.

6/ Pourquoi s’inscrire ? Une visibilité nationale et européenne C’est l’occasion idéale de présenter vos actions ou manifestations en faveur du développement durable. Le présent site référence les manifestations françaises et le site européen www.esdw.eu référence l’ensemble des manifestations européennes. Les internautes peuvent alors, en un simple clic, prendre connaissance et participer aux projets que vous avez enregistrés. Vous bénéficiez aussi des relations presse conduites par le ministère français de l’Ecologie et ses homologues européens pour cette opération.

Un kit de communication Vous pouvez télécharger le logo de la Semaine européenne du développement durable sur ce site, rubrique « Kit de communication ». L’affiche et les bannières web seront disponibles d’ici mai dans cette rubrique. Il n’y aura pas d’envoi postal.

7/ Quels sont les critères de sélection ? Organiser une ou plusieurs action(s), pendant un ou plusieurs jour(s) du 30 mai au 5 juin… …en faveur du développement durable… …à but non lucratif.

8/ Comment m’inscrire ? Je remplis le formulaire en ligne ici. Je reçois automatiquement un premier mail de prise en compte de mon inscription. Mon événement sera ensuite soumis à la validation de l’équipe Semaine du Développement Durable avant sa mise en ligne. Je reçois un second mail, dans un délai de 15 jours environ, soit de validation, soit de demande de précisions, soit de refus. Une fois le projet validé, j’ai la possibilité de modifier/préciser certaines informations en cliquant sur le lien vers ma fiche événement, communiqué dans le mail de validation. Attention, mon événement n’apparaîtra plus sur le site internet jusqu’à nouvelle validation, dans un délai de 15 jours environ.

9/ Jusqu’à quand m’inscrire ? Nous vous conseillons de vous inscrire entre mars et mi mai même si les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 5 juin. Plus vous vous inscrivez tôt, plus vous bénéficierez de visibilité dans le programme officiel des manifestations, publié sur ce site français et le futur site européen. Vous aurez toujours la possibilité de compléter/modifier votre événement une fois celui-ci validé, via le lien communiqué dans le mail de validation.

CONTACT TÉLÉPHONE : 01 40 81 76 72 OU 01 40 81 78 43

Email : semainedudeveloppementdurable @ developpement-durable.gouv.fr

mercredi, 15 avril 2015

Votre chronique : Soirée « Concertation » EDF EN du 14 avril

COMMUNIQUÉ de HURLEVENT ASSO

 

« EDF EN avait organisé une réunion dite de « concertation » dans la salle polyvalente de Riols ce mardi 14 avril 2015 concernant son projet d’installation d’une douzaine d’aérogénérateurs sur la crête des Avant-Monts, au-dessus de la commune de Riols.

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Des invités, en nombre restreint, sont entrés. Quatre vingt personnes environ attendaient dehors. Les responsables d’EDF EN voulaient trier à l’entrée (étrange conception de la démocratie) et auraient accepté une personne par association, c’est-à-dire une ou deux de plus que leurs invités.

Mais c’est tout naturellement que la foule est entrée.

 

 Hérault Fraisse-sur-Agoût EDF EN lance un parc éolien à 1000 mètres d’altitude patrick marchetti dans Technologie

 

EDF EN a tenté de faire un exposé, mais la salle a réagi rapidement : « Vos éoliennes, on n’en veut pas ! » « Cassez vous ! » Il est difficile de faire un compte-rendu tant la discussion était houleuse.

 

Une demande a été faite : au lieu de ces petites réunions avec des personnes triées sur le volet, d’organiser une réunion publique, avec la présence des élus. Cette proposition n’a pas reçu de réponse.

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De toute évidence, le public était venu clamer son indignation. Les responsables d’EDF EN ont fini par arrêter la réunion prématurément et, quand ils ont quitté la salle, une bonne partie du public est restée, s’est organisée pour une discussion ordonnée, et pour voir comment lutter contre ce projet très mal accepté.

Le besoin d’informations concrètes a été exprimé : un forum a été envisagé, voire une réunion d’information, ouverte à tous, bien sûr.

Des conseillers municipaux de Riols étaient présents, et ont exprimé leur désaccord vis-à-vis du projet. Et il semble bien que la majorité du conseil municipal est contre. C’est une information importante.

Une deuxième réunion de « concertation » est prévue ce jeudi 16 avril à la même heure et au même endroit (salle polyvalente de Riols). Gageons que nombreuses seront les personnes qui iront clamer leur désaccord. »

 

Ici... et Ailleurs

mardi, 24 mars 2015

Vieussan : Mimi Cartonne donne ses lettres de noblesse au carton recyclé

Lors des Journées Européennes des Métiers d'Art, Myriam Sellier offre au carton une nouvelle vie.

« Le carton n'est plus un simple emballage, mais a désormais toute sa place dans le mobilier ! Contrairement à ce que l'on pourrait penser, des techniques d'assemblage lui donnent une très grande solidité, cependant son poids « carton » le rend très facile à déplacer !» déclare Mimi Cartonne, créatrice de mobilier en carton recyclé à Boissezon, sur la commune de Vieussan.

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Le mobilier en carton recyclé a sa place parmi les métiers d'arts

Les métiers d'art déclarés « métiers d'avenir » prolongent l'alliance de la matière et du temps. La précision du geste se lie avec l'imprévisible inspiration.

Aux mains empreintes de dextérité, de complicité aussi, la matière offre une possible forme, conduit le mouvement maîtrisé vers la création.

Délicate, la réalisation émerge, se plie à l'exigence de cette forme nouvelle, donnant corps à une pièce unique, soumise, dès l'instant de son émergence, aux rythmes du temps.

 « Métiers profondément humains, les métiers d’art valorisent la transmission comme la création, l’innovation et l’esprit d’entreprise. 

Depuis l'origine de l'humanité, les mains façonnent, portent la mémoire de l'évolution à travers les âges.

Aujourd'hui, artisans, artistes, créateurs, hommes et femmes de passion perpétuent le savoir faire ancestral. »

Dans le cadre des Journées Européennes des Métiers,  L'Institut National des Métiers d'Art propose « territoires de l'innovation ». Myriam Sellier présentera son univers avec de nombreux autres artisans, artistes et créateurs à Joncels, Hérault les 28 et 29 mars 2015 de 11 h à 18 h.

Expo-vente, ateliers gratuits et démonstrations de savoir-faire.

Contact : www.mimi-cartonne.com plus d'info : www.journeesdesmetiersdart.eu

samedi, 14 mars 2015

Vieussan : le projet de barrage à Sivens confronte deux conceptions du monde

Dans la salle du peuple, seulement quelques personnes ont assisté à la projection malgré l'actualité des plus chaudes en ce 6 mars 2015 à Sivens avec la décision du Conseil Général du Tarn de poursuivre un projet de barrage et l'expulsion des opposants par la force.

Les 4 documentaires filmés montraient les violences policières : sur le site, le jeune écologiste Rémi Fraisse est mort le 26 octobre 2014, tué par l'explosion d'une grenade offensive de la gendarmerie. À Nantes le 22 février 2014, trois manifestants ont perdu un œil à la suite de tirs de flash-ball. 

Un débat a suivi les projections. Des personnes ont témoigné des événements du jour, ont dit les conditions de vie des opposants, le blocus organisé par la FNSEA et la police.

Le site de Sivens, enjeux entre deux conceptions du mondeLe site de Sivens, enjeux entre deux conceptions du monde

« Si cette collusion entre un syndicat agricole et la police semble logique, chacun défendant une même vision du monde et de la répartition des richesses, il n'en demeure pas moins, souligne l'assemblée, qu'elle est inquiétante car jamais vue depuis Vichy, et d'autant plus préoccupante avec la montée de l’extrême droite dans le pays ».

L'Union Locale CNT organisera une nouvelle séance le vendredi 20 mars à Saint Pons de Thomières à 20 h à la salle sous la mairie.

« A la lecture de ces articles de La Dépêche et de FR3, il est clair que la « stratégie du fait accompli » a encore une fois été appliquée à Sivens par la CACG et le Conseil général du Tarn ».

Le barrage de Sivens n'est que la répétition du barrage de Fourogue : même constructeur, la Cie d'Aménagement des Côteaux de Gascogne (CACG) ; même décideur, le conseil général du Tarn.

« L’actualité tragique de Sivens rappelle ce qui s'est passé à Fourogue. Jugé pourtant illégal par le tribunal administratif ce barrage est aujourd'hui bien en place depuis 17 ans. La « stratégie du fait accompli »  a été efficace contre les opposants de l'époque.»

A Sivens les opposants, en empêchant physiquement le chantier, ont mis en échec les promoteurs. Le nouveau projet nécessitera une nouvelle procédure, il est  donc reporté de plusieurs années.

« Pour alimenter la réflexion, ajoute l'organisateur, et répondre, peut-être, à quelques commentaires de l'article précédent, voici quelques liens »:

http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/06/1986180-avant-...

http://www.ladepeche.fr/article/2014/11/25/1998458-fourog...

http://france3-regions.francetvinfo.fr/midi-pyrenees/2014...

jeudi, 05 mars 2015

Vieussan : ciné-débat autour de quatre courts-métrages

Le Vendredi 6 mars, à 20 h, dans la salle du peuple de Vieussan-village, l'Union Locale CNT, (Confédération Nationale du Travail)  propose 4 courts métrages sur la ZAD, (Zone à Défendre) du Testet.

Depuis 2011, le Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du Testet agit pour la protection de cette zone menacée de destruction par le projet de barrage de Sivens sur la rivière Tescou, dans le département du Tarn. Le projet sacrifierait la dernière zone humide importante du bassin du Tescou, qui abrite au moins 94 espèces animales protégées et 353 espèces de plantes vasculaires.

« Pour Sivens, cette semaine est déterminante. La ZAD est en danger, menacée par la collusion entres des milices et les forces de l’ordre. 

Les films projetés montrent que la mort de Rémy s'inscrit dans une stratégie constituée entre autres et depuis de longs mois de harcèlements, d'injures, de mutilations, d'incarcérations contre les opposants aux grands projets inutiles et leur monde. C'est un tournant dans cette montée en puissance de la domination policière. »

ciné débat.JPGLa toile, vecteur de réflexion pour un public attentif le temps d'un "ciné débat "

Ces films, réalisés en toute liberté, par des collectifs libres et indépendants, apportent des témoignages et seront suivis d’échanges et de débats.

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Plus d'info sur le site  https://tantquilyauradesbouilles.wordpress.com/

lundi, 02 février 2015

Vieussan : les meubles en carton ont toujours la côte

Chez Mimi Cartonne 2015 a bien débuté avec le premier stage de l'année les 24 et 25 janvier. Dans une ambiance studieuse mais ludique et détendue, Bénédicte, Françoise et Norbert sont venus fabriquer leurs meubles en carton et  sont ravis du résultat.

Une troisième journée est programmée avec eux pour la décoration finale, point toujours très apprécié qui permet de finaliser une œuvre originale.

mimi cartonne,vieussanUne ambiance studieuse mais ludique et détendue pour Bénédicte, Françoise et Norbert 

Réaliser le meuble qu'ils avaient pensé puis dessiné, tout spécialement destiné à un usage bien particulier et le personnaliser est toujours un grand plaisir pour les stagiaires qui repartent non seulement avec le meuble de leur rêve, mais aussi avec plein d'idées dans la tête pour continuer chez eux.

Pour les prochains stages de «réalisation de meubles en carton »  les inscriptions sont toujours ouvertes pour celui des 7 et 8 février qui a lieu dans la salle du peuple de Vieussan, il reste des places. Par contre  ceux des 14 au 17,  et 21/ 22 février qui aura lieu à La Tour sur Orb, sont complets, le nombre de stagiaires étant limité à 4 maxi.

Le site « www.mimi-cartonne.com » est désormais en ligne pour apprécier toutes les réalisations possibles. Contact Myriam au 06 52 42 26 87.

vendredi, 07 novembre 2014

Vieussan : récupération et « Relooking » font bon ménage avec Mimi Cartonne

Le dernier stage organisé par Mimi Cartonne s'est très bien passé et les 2 personnes venues de l'Aude étaient ravies : 

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« En 3 jours, nous avons pu réaliser avec grand plaisir le meuble que nous avions pensé, dans une ambiance à la fois ludique et détendue, mais aussi très studieuse et instructive ! et nous avons plein d'idées pour continuer chez nous ! »

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Le prochain stage aura donc lieu les 6 et 7 décembre, avec un troisième jour à prévoir plus tard pour recouvrir le meuble de son papier décoratif ou sa peinture.

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Ces réalisations inédites et personnalisées  peuvent devenir des cadeaux de Noël très originaux.

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Les inscriptions sont déjà ouvertes et  il reste 2 places, le nombre de stagiaires étant limité à 4 maximum.

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Myriam a désormais son site en ligne :« mimi-cartonne.com » pour faire la connaissance de l'art de la cartonniste, et où  retrouver toutes les informations. Les dates des stages pour 2015 seront bientôt fixées.

Quelque soit le niveau de base au début du stage, guidé pas à pas et initié aux techniques bien précises,  la réussite du meuble personnalisé comble toujours les participants.

Renseignements et inscriptions : Myriam Sellier 06 52 42 26 87 ou myriam.sellier@hotmail.fr.

mardi, 07 octobre 2014

Vieussan : Le Collectif Orb-Jaur « Non aux gaz et huiles de schiste » se joint au mouvement international

Dans le cadre de la journée internationale « Global Frackdown Day » et contre le TAFTA, les collectifs de la région se mobiliseront le 11 octobre 2014 à Narbonne.

« Ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui, ni demain. No gazaran » Tel est le mot d'ordre maintenu depuis 3 ans.

Le Collectif Orb-Jaur appelle à participer à la manifestation pour dire NON aux gaz et huiles de schiste, NON au Grand Marché Transatlantique/TAFTA. 

22 09 12 St Christol lez Alès 7.JPGLe Collectif Orb-Jaur se mobilise depuis la première manifestation, ici en septembre 2012

Accueil et rassemblement aux Halles de Narbonne à 10 H 30. Puis marche dans la ville dont le départ est fixé à 11 h aux Halles.

Retour sur les Barques, quai de l’Aude vers 12 h/12 h 30 suivi d'un moment convivial et animation musicale L’animation musicale assurée par la Fanfare du Minervois et les Goulamaska, musique festive autour d’un pique-nique tiré du sac à partager au bord du canal de la Robine.

A 14 h 30, Manifestation - Contre la dictature des multinationales - Contre la privatisation des services publics - Contre la porte ouverte aux OGM, la viande aux hormones, les gaz de schiste.

le Palais du Travail accueillera les conférences de Séverin Pistre hydrogéologue, de Jacqueline Balvet, membre d’ATTAC, suivies de débats.

Le film « Terres de Schistes » en présence du réalisateur Grégory Lassalle, et un film sur les gaz de schiste en Alaska seront projetés au cinéma local, des stands, des informations, une buvette seront proposés…

Les organisateurs précisent que les drapeaux et banderoles de partis politiques et associations ne sont pas souhaités pendant la manifestation. Le collectif anti TAFTA s'est engagé à n’aborder que le TAFTA et les thèmes « environnementaux ».

Des Cartes :

Carte des titres miniers au 1er juillet 2014 :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/france_t...
Depuis il y a une vingtaine d'autres demandes

La carte des départements supportant des demandes de permis :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/-Permis-de-reche...
(cliquer sur le département pour voir la liste des permis)

Carte des collectifs existant :
https://maps.google.fr/maps/ms?ie=UTF8&hl=fr&msa=... (
mise à jour août 2013( il manque des collectifs dans le 11 et le 34...)

Plus d'info                                                                                

http://www.globalfrackdown.org/endorsement-form-french/

Pour en savoir plus sur TAFTA et ses conséquences sur la fracturation hydraulique

TAFTA : un document de négociation secret encourage l’exploitation et le commerce transatlantiques des hydrocarbures non conventionnels http://bastagazales.fr/2014/05/19/tafta-un-document-de-ne...

Non à la fracturation hydraulique!Comment l’accord UE-États-Unis pourrait encourager son utilisation http://www.datapressepremium.com/rmdiff/2005515/BriefingF...

Sur France Culture dans l’émission «Terre à Terre»: le projet TAFTA ou comment imposer en France l’exploitation des gaz de schistes http://bastagazales.fr/2014/01/18/sur-france-culture-dans-lemission-terre-a-terre-le-projet-de-partenariat-transatlantique-de-commerce-et-dinvestissement-ptci-ou-comment-imposer-en-france-lexploitation-des/

L’accord de libre échange UE-USA pourrait remettre en cause l’interdiction de la fracturation hydraulique http://www.actu-environnement.com/ae/news/accord-libre-ec...