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samedi, 16 juillet 2016

Votre chronique : "Néocolonialisme et éolien industriel"

Un communiqué à partager :

"Néocolonialisme et éolien industriel

Une réalité politique, économique et sociale antidémocratique

Le colonialisme a été reconnu depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale comme une relation inégalitaire s'opposant au « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».

C’est ce déni de « notre droit à disposer de nous-mêmes » qui me fait faire aujourd’hui ce parallèle entre néocolonialisme et éolien industriel.

Le colonialisme était une forme d'expansionnisme et d'impérialisme.

Qui consistait à défendre les intérêt politiques d’un état ou ceux économiques d’un industriel privé au détriment des intérêts du pays où il s’installait.

Aujourd’hui, les promoteurs s’appuient sur l’administration politique (les maires) en faisant jouer les ressorts de la finance (les retombées économiques), le tout étant imposé de la manière la plus antidémocratique qui soit aux populations locales (tout se passe dans le plus grand secret).

Cela induit une relation de dépendance totale au lobby de l’éolien industriel car aucun élu n’arrive à réaliser combien leur liberté est annexée par l’arrivée d’un promoteur. Ce dernier devient le maître qui décide de l’avenir radieux du territoire qu’il vient d’annexer. On promet de l’argent, des soutiens à des projets, on fait miroiter un développement économique. Rien de tout cela n’est vrai. Certains élus de nos jours se comportent comme les petits chefs de village lors de la colonisation de l’Afrique au 19 ème siècle. A ceux-là on promettait les honneurs et on remettait de la verroterie. A ceux-ci on promet un développement économique et on remet des miettes de bénéfices.

Les motivations de la colonisation ont été essentiellement des motivations économiques (s’enrichir), stratégiques (empêcher des concurrents de prendre la place) et des motivations idéologiques (diffuser la civilisation).

On retrouve ce même schéma avec l’éolien industriel. Les promoteurs s’enrichissent, ils confirment leur prises d’intérêts sur un territoire au nom d’une pseudo « transition énergétique ». Cela s’appelle du « green washing ».

Le dernier aspect du colonialisme dont il faut tenir compte c’est le rapport à la violence. A l’origine et après la conquête militaire initiale, le colonialisme s'est souvent accompagné d'actes de violences pour soumettre les populations.

Aujourd’hui, il n’y a pas une manifestation d’opposants à un projet industriel qui n’ait vu l’arrivée des forces de l’ordre. La mort de Rémy Fraysse à Sivens en est malheureusement le plus tragique exemple.

De plus, souvenons-nous du rôle soit-disant positif de la colonisation. C’est bien encore à cela que l’on veut nous faire croire aujourd’hui. Mais le rapport entre colonialisme et croissance économique n'a toujours pas été démontré et la paix sociale au sein des villages durement touchée.

Complicité du public et du privé

Dès 1873 l'industrie européenne a bénéficié de l'expansion coloniale au prix d'énormes dépenses publiques réalisées dans les colonies. Aujourd’hui, les promoteurs privés bénéficient du soutien de l’état et les retombées financières dans les caisses des municipalités imposent un modèle de développement économique en complète contradiction avec les besoins des habitants du pays.

Là où il faudrait maintenir un tissu social actif, une économie locale et des emplois pérennes, l’éolien industriel contribue à la désertion des territoires, au saccage de zones pourtant réputées pour leur intérêt écologique.

Dernier point :

Le lobby de l’éolien industriel est très puissant, que ce soit au niveau de l’Etat ou de l’Europe.

Nous n’avons pas les moyens des grandes multinationales.

Mais pour y faire face, nous, associations de citoyens, collectifs ou autres, pouvons coopérer et mettre en commun nos moyens pour revendiquer notre « droit à disposer de nous-mêmes »." Hildegarde Champêtre