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dimanche, 19 novembre 2017

Françoise Héritier : "Les hommes et les femmes seront égaux un jour ...

 Françoise Héritier est décédée ce 15 novembre 2017
Le goût des mots
"Dédié à quelqu'un "avec qui causer était un art délicieux", le nouvel ouvrage de Françoise Héritier,  (Odile Jacob, 112 pages), poursuit l'exploration intime du bonheur de l'existence.  Chacun peut, dit-elle, trouver la richesse de son univers intime à partir de quelques mots.
 
Ce livre est la suite du précédent, "Le Sel de la vie" (Odile Jacob, 92 pages, 2012). À nouveau une "fantaisie". Sur la "parlure" cette fois, équivalent oral de l'écriture, comme le dit joliment Françoise Héritier. Soit tenter de se rappeler comment, enfant, on a découvert les mots du langage parlé.

"Je suis entourée de mots dans une forêt bruissante où chacun se démène pour attirer l'attention et prendre le dessus, retenir, intriguer, subjuguer, et chacun aspire  ces échappées belles", écrit-elle.
 
Pour analyser cette faculté créatrice de sens d'après les sons et ensuite son formatage, l'auteure part de sa propre expérience. Elle a défini deux registres, selon les deux sens du mot: "volume où on liste des données à enregistrer" et "orientation, tonalité qu'on donne". Dans le premier, elle place le goût pour les mots, répartis en trois catégories: ceux "dont la sonorité colle à la chose", ceux de la sidération, de l'étrangeté, qui ne collent pas à la chose, et ceux qui prennent "pour elle un autre sens que celui qu'ils ont ordinairement". Dans le deuxième registre, elle dépose les "lieux communs dont nous nous servons sans y prendre garde". A ses yeux, "des raccourcis fulgurants, efficaces, nécessaires". Elle donne divers exemples avant d'établir une liste des mots abstraits adéquats qu'ils remplacent. Et de chercher la raison de ces échanges.

"Je me suis plue à mener cette enquête sur les raisons du goût que j'ai pour les mots", poursuit-elle encore, "goût qui est, je crois, partagé par le plus grand nombre." Espérons...

Françoise Héritier conclut alors cet ouvrage plein de surprises par de courtes histoires, constituées d'expressions toutes faites porteuses d'émotions dont elle présente les listes."

"On ne sort pas du jeu", conclut-elle. "On l'alimente, comme le feu."
 
Le Sel de la vie
"Le précédent livre de Françoise Héritier, était déjà présenté comme une "fantaisie". C'est un petit livre précieux, une méditation épicurienne, une invitation à cueillir la vie. Né parce qu'elle avait reçu une carte postale d’un professeur apprécié. Il lui écrivait: "Une semaine “volée” de vacances en Ecosse". L’usage du mot "voler" fait bondir la sociologue. Comment pouvait écrire cela un médecin qui consacrait toute sa vie à ses patients, dont elle? "Qui vole quoi?", écrit-elle avant de pousser plus loin sa réflexion.

Elle lui répond: "Vous escamotez chaque jour ce qui fait le sel de la vie. Et quel bénéfice, sinon la culpabilité de ne jamais en faire assez?" Puis, Françoise Héritier se demande ce qui fait le sel de sa vie à elle. Elle liste, déjà, elle énumère.

Ce texte deviendra le livre "Le Sel de la vie", long poème en prose en hommage à la vie. Ses écrits vont du 13 août au 10 octobre 2011 et se clôturent par une invitation à "tourner la page".

Toute sa vie y passe, depuis sa naissance avant la Seconde Guerre mondiale, ses souvenirs, ses rencontres, ses bonheurs, la maladie. Peu de tracas au final, estime-t-elle. On suit avec plaisir ces lignes sensuelles et légères, invitant chacun à se rendre compte de ce qui fait le sel de sa vie à lui..."

vendredi, 17 novembre 2017

Votre chronique : Le chardonneret prend son bain

Rien n'est meilleur que des mains amicales

Une espèce menacée : Le chardonneret se cache pour mourir (Hicham AIT ALMOUH

mercredi, 02 septembre 2015

Mons-la-Trivalle : le « néotène » sera conté aux Jeudis du Comptoir Associatif

« Il était une fois le dernier homme » par Dany-Robert Dufour éditions Denoël est proposé à la lecture partagée de ce Jeudi du Livre au Comptoir Associatif de Mons, le 3 septembre.

Dany-Robert Dufour pose un sérieux problème d’histoire naturelle : « Comment se fait-il que ce soit l’espèce la plus inapte qui ait triomphé de toutes les autres? » Pourquoi l’homme domine-t-il cette planète ?

Dany-Robert Dufour suit la trace de l'étrange espèce animale qu'on appelle les hommes.JPGDany-Robert Dufour suit la trace de l'étrange espèce animale qu'on appelle les hommes

Il n’est pourtant qu’un néotène, c’est-à  dire, zoologiquement parlant, « un animal capable de se reproduire alors que son évolution n’est pas terminée. Bâclé de façon scandaleuse », il débarque sur Terre de manière prématurée, c’est « un être constitutivement né trop tôt, incapable de se débarrasser des signes de la fœtalité et de la juvénilité ».

Sous forme de lettres, entre le conte philosophique et l'essai, Dany-Robert Dufour poursuit son travail de critique du monde contemporain  et se lance dans une exploration de l’aventure humaine.

Le néotène a pu survivre en devenant le seul être de la création à pouvoir anticiper et cela grâce au langage. Le langage et tout ce qui constitue la culture, il a jusqu’ici essayé de résoudre « son unique et absolu problème : se finir ».

Mais voici qu’après cent mille ans d’avancée sur ce rude et doux chemin sapiens sapiens s’apprête à en ouvrir un autre : Grâce à la génétique, le néotène est désormais en mesure d’agir sur sa propre nature et de bricoler son ADN. 

Dufour l’annonce avec effroi : cette société de  « surhommes »  dont rêvent les néolibéraux et quelques penseurs réactionnaires comme Peter Slodertijk, ne pourra être « qu’une sorte de fourmilière d’où l’amour sera proscrit ».

Un livre décapant  pour « faire gamberger »  ce jeudi 3 septembre, au Comptoir Associatifs, place du grand platane, à partir de 18 h 30. Le verre de l'amitié clôture la séance avec la dégustation d’un blanc de la Vallée.

Lire quelques pages du livre  ICI