compteur internet
Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 07 juin 2018

BÉZIERS : "Douze prévenus à la barre, vent debout contre le glyphosate"

Tribunal. Compte Rendu d’Audience Annick Koscielniak

"Le 19 mars 2016, ils avaient investi le magasin Bricomarché de Pézenas et dégradé des bidons de désherbants.

Résultat de recherche d'images pour "Les prévenus, avant leur procès, se sont servis du palais de justice comme tribune contre les pesticides"Les prévenus, avant leur procès, se sont servis du palais de justice comme tribune contre les pesticides A.K. 

Sur la vidéo surveillance du magasin, diffusée dans la salle d’audience du tribunal correctionnel de Béziers, on assiste à toute la scène. Le 19 mars 2016, des hommes et des femmes arrivent en ordre dispersé, se fondent parmi la clientèle du Bricomarché de Pézenas. On voit ensuite l’un d’eux étendre une bâche bleue au sol, au rayon fleurs et tout commence. Pendant dix minutes, les douze prévenus viennent y déverser le contenu de leurs chariots de courses. Les boîtes et les bidons d’un puissant herbicide s’amoncellent, bombés à la peinture.

Ce jour-là, un collectif sous la bannière des Faucheurs volontaires participe à l’une des trente actions programmées en France contre les enseignes commercialisant des produits au glyphosate.

Des tee-shirts avec des taux d’intoxication

Ce mercredi, ils comparaissent pour dégradation volontaire. Tandis que leurs soutiens campent aux portes du palais de justice, ils s’alignent sur le banc, la plupart porte un tee-shirt blanc avec un chiffre placardé en noir.

« Cela représente le taux de glyphosate retrouvé dans nos urines. Avec 3,50 microgrammes par litre, je suis la championne des empoisonnés, sachant que le taux autorisé est de 0,1. Je n’en ai jamais acheté et pourtant, j’en ai plein mon corps, explique une retraitée. J’ai signé des pétitions, j’ai voté pour des gens à qui j’ai eu la faiblesse de faire confiance. Cela n’a servi à rien. Cette action non violente est une réponse à la violence extrême de produits en vente libre.»

Tour à tour, ils viennent à la barre, reconnaissent et même revendiquent leur présence sur la vidéo. Quant à la cible. « Nous avons choisi cette grande surface car elle a une quantité astronomique de ces produits, présentés en tête de gondole. Ce magasin fait marcher le tiroir-caisse autour de leur produit phare, en promotion », insiste Julien. Il a filmé lui aussi l’opération. L’enregistrement rejoindra ceux des autres opérations, aux fins de communication.

Le 19 mars, ils ont distribué des tracts, discuté avec la clientèle et les employés. « Ces actions visent à avertir les gens, montrer qu’il y a de la résistance. En 2010, il y avait danger imminent. Aujourd’hui, c’est la catastrophe. Et cela concerne le monde entier.» Une ancienne infirmière a « vu de ses yeux en Colombie des bébés avec des difformités horribles, une recrudescence de cancers lors de mes dix dernières années d’activité. C’est un problème politique. Il est inadmissible de renouveler l’autorisation du glyphosate et de ses coformulants obligatoires, aussi toxiques. Nous avons juste peinturluré des bidons, à défaut de pouvoir les détruire. J’ai la rage et je suis malheureuse de ne pas avoir pu faire d’action plus forte ».

Catherine parle de droit à la « désobéissance civile ». Anne dénonce la chaîne des responsabilités : « Les firmes évidemment, les politiques, les utilisateurs, les agriculteurs formatés par les syndicats ou les chambres d’agriculture qui nient la toxicité des produits, les commerçants, pas toujours au courant de ce qu’ils vendent par ailleurs.»

Le tribunal correctionnel devient une tribune contre l’ennemi juré, le géant Monsanto, fabricant du glyphosate. Le vice-procureur Samuel Serre recadre les débats : « On ne fait pas ici le procès de Monsanto. Vous avez terrorisé des clients, agressé une employée qui filmait, vandalisé un supermarché, cela fait de vous des délinquants de droit commun. Il y a d’autres moyens de faire passer un message. Il existe des associations, des lobbyings européens. Vous avez opté pour la violence, c’est ce que vous voulez montrer à vos enfants et petitsenfants ?». Il requiert un mois de prison avec sursis pour chacun des prévenus.

Le gérant de la grande surface s’est constitué partie civile et réclame 9 500 € de préjudice matériel, et 3 000 € de perte commerciale.

Délibéré le 4 juillet

Me Nicolas Gallon qui avait soulevé le moyen de nullité au nom du principe de précaution, des droits fondamentaux de vivre dans un environnement préservé et garant de la santé, plaide la relaxe au nom de « l’état de nécessité. Les trois conditions sont réunies, le danger imminent, l’intérêt supérieur et la proportion de la riposte par rapport à l’atteinte. Cette action est symbolique, non violente. À défaut de relaxe, requalifions la en contravention. »

L’avocat n’hésite pas à pourfendre Monsanto, « sa rétention d’informations, son lobbying à Bruxelles, ces scientifiques à sa solde qui démontent les études osant démontrer la nocivité du glyphosate, le Monsanto papers… ».

Et d’en appeler au tribunal : « Mes clients s’en sont pris au seigneur des pesticides ! La parole du citoyen n’arrive pas à émerger. Vous êtes le dernier rempart dont on ne peut influencer les décisions.» Il se demande aussi que sont devenus les bidons peinturlurés : « On n’a présenté aucun bon de destruction, un témoin affirme les avoir vus en promo avec les indications noircies de peinture donc illisibles ! 

Le tribunal a renvoyé son délibéré au 4 juillet.»

midilibre.fr : jeudi 7 juin 2018 COMPTE RENDU D’AUDIENCE ANNICK KOSCIELNIAK

Témoins. Ils ont alerté à la barre

Alain, viticulteur : « Ma maladie est un enfer »

Il consulte en Ardèche, Guy est membre d’un réseau d’alerte des médecins sur les pesticides : « Les cancers de la prostate ont été multipliés par dix chez les quinquagénaires. Les maladies de Parkinson et d’Alzheimer, les autismes, ont explosé en parallèle de l’utilisation accrue du glyphosate. On voit de plus en plus d’anomalies génitales chez les enfants de viticulteurs, avec des micropénis, des pubertés précoces, des problèmes de fertilité. Le glyphosate est un grave perturbateur endocrinien ! Pourquoi est-il encore sur le marché ? Il y a omerta sur les études. Les chercheurs qui parlent des méfaits voient leurs crédits coupés, l’industrie les diffame et inonde avec de fausses recherches.»

Alain, 67 ans, ancien viticulteur, atteint de la maladie de Parkinson, s’avance avec difficulté à la barre : « Ma maladie a été reconnue professionnelle par la Mutuelle Sociale Agricole. Elle est due aux pesticides que j’ai utilisés dans ma vigne. Je n’ai jamais été informé des dangers. Je suis passé au bio en 2005. Ma maladie est un enfer.»

Arnaud représente l’association Justice-pesticide : « J’ai été coordinateur du tribunal citoyen international Monsanto. Cinq questions ont été posées. Monsanto at-il enfreint les droits fondamentaux à la santé, à un environnement sain, à l’alimentation, à la recherche académique libre, estil complice de crime de guerre avec l’agent orange et de crime d’écocide ? Cinq juges ont auditionné une trentaine de personnes venues du monde entier .» A.K.

mercredi, 30 mai 2018

Hérault : Procès des Faucheurs Volontaires à Béziers le 6 juin 2018

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Procès de Béziers le 6 juin 2018

Résultat de recherche d'images pour "Faucheurs Volontaires"

"Les Faucheurs Volontaires d'OGM se sont mobilisés le 19 mars 2016 sur tout le territoire français
pour dénoncer la vente des pesticides et notamment du Roundup contenant du glyphosate et des
co-formulants hautement toxiques. Ils se sont introduits dans 34 magasins et ont peint les bidons
concernés.
12 Faucheurs(-ses) Volontaires étaient en procès à Béziers le mercredi 18 octobre pour être
intervenus dans un magasin de Pézenas. Ce procès a été reporté au 6 juin 2018
La région du Languedoc Roussillon est largement utilisatrice de Roundup ou d'herbicides à base
de glyphosate (plus de 4000 tonnes annuelles).
La direction de l'Agence de l'eau Rhône Méditerranée-Corse constate depuis plusieurs années la
présence de glyphosate dans les cours d'eau, présence particulièrement élevée dans les zones
viticoles et arboricoles.
Les Faucheurs Volontaires mènent un combat contre les OGM et l'agriculture industrielle qui les utilise. Il y a un lien direct entre les herbicides et les OGM : en effet la majorité de ceux-ci sont des OGM rendus tolérants aux herbicides, que ce soit par la méthode de la transgenèse, mise en place à la fin des années 90, ou par les méthodes de mutagenèse plus récentes.
Ces nouveaux OGM sont cultivés en France et sont essentiellement du tournesol et du colza (150 000 ha environ) : ce sont des éponges à pesticides et les résidus d"herbicides se retrouvent dans les huiles alimentaires et dans l'au potable, c"est à dire dans nos assiettes et dans nos verres.
Quant aux OGM transgéniques, ils ne sont plus cultivés en France, mais le sont ailleurs et sont importés massivement pour nourrir nos animaux d'élevage. Dans les pays où ils sont cultivés, les épandages d'herbicides sont la cause de morts, de malformations et de maladies intolérables.

Les Faucheurs Volontaires, par cette action du 19 mars 2016, ont voulu alerter sur :
- le problème majeur de santé publique que provoque l'utilisation des herbicides et en particulier du glyphosate classé en 2015 comme « cancérogène probable » par le CIRC (centre de Recherche sur le Cancer)
-les dangers liés à la dispersion du glyphosate (ou de son métabolite l'AMPA) et de ses co-formulants hautement toxiques,
- la soumission des pouvoirs publics aux lobbies agro-alimentaires et leur irresponsabilité face
aux problèmes des pesticides et des OGM, comme le montre dans l'actualité le rétro-pédalage sur
- l'interdiction effective du glyphosate dans 3 ans,
- l'absence de transparence concernant la culture dans notre pays d'OGM mutés tolérants aux herbicides.

Les Faucheurs Volontaires demandent:
- le retrait immédiat du Roundup et autres herbicides contenant du glyphosate,
- la levée du secret industriel sur les co-formulants du Roundup et autres herbicides à base de glyphosate. En effet ces herbicides sont constitués de 30 à 40 pour cent de glyphosate, le reste étant des co-formulants toxiques échappant à toute évaluation,
- un moratoire sur la culture en France des OGM mutés tolérants aux herbicides,
- un moratoire sur les importations d'OGM.

A Guingamp comme à Foix, pour la même action, le tribunal a décidé de poser des questions préjudicielles à la Cour de Justice Européenne pour non respect du principe de précaution et
évaluation insuffisante de la dangerosité de tous les pesticides".

Le Collectif des Faucheurs d'OGM

recto-béziers-6-octobre-web.jpgverso-beziers-rectif.jpgCapture du 2018-05-24 14-22-21 (1).png

vendredi, 29 avril 2016

Olargues : le 30 avril, mobilisation "contre le saccage de nos territoires..."

Affichage de Affiche 30 avril 02.jpg en cours...Affichage de Affiche 30 avril 02.jpg en cours...manifestation citoyenne,actualités,associations,climat,courniou,débatforum,développement durable,écologie,economie,europe,haut languedoc,hauts cantons d'oc,hérault,mbilisation populaire,natureenvironnement,patrimoine,politique,pollution,santé,sciences et technologie,société,tourisme,urbanisme,somail,éolien industriel,association hurle vent

mercredi, 30 mars 2016

Hauts Cantons : des Faucheurs Volontaires se sont invités à l'opération "port propre" à Sète

Dernièrement le Port Sud de France organisait, avec le concours de la Ville de Sète et Thau-Agglo, l’opération port propre.

Cette année le collectif de Faucheurs(euses) Volontaires de l’Hérault a tenu à s'inviter pour affirmer sa définition d'un "port propre".

militants anti ogm,faucheurs volontaires,ogm,opération port propre,sète

Les militants anti-ogm rappellent que via le port de Sète, transitent des centaines de milliers de tonnes d'OGM qui posent des problèmes de santé, d’environnement et qui  bafouent les droits des consommateurs à une alimentation sans pesticides.

militants anti ogm,faucheurs volontaires,ogm,opération port propre,sète

Les usines Sofiprotéol et Saipol du groupe Avril sont montrées du doigt.

"Bien sûr que ramasser une benne de déchets au port de plaisance est une initiative sympa, mais cela reste très insuffisant quand on sait tout ce qui arrive par l'autre entrée, côté commerce...! et je ne vous parle même pas des déchets nucléaires, un danger supplémentaire pour le port.... ", nous explique une militante.

militants anti ogm,faucheurs volontaires,ogm,opération port propre,sète

Et, de poursuivre, "Même si, en se samedi ensoleillé, nous avons reçu un bon accueil au port st Clair, Les Faucheurs venus des Hauts Cantons et du Larzac, ont été surpris de la méconnaissance des habitants sur ces va-et-vient de cargos chargés de céréales mortifères."

militants anti ogm,faucheurs volontaires,ogm,opération port propre,sète

La militante locale tente une explication : "à Sète il fait tellement bon se réchauffer le visage au soleil, qu'on finit peut-être par être aveuglé..."

"Mais lorsqu’on sait qu'en face l'industriel Xavier Beulin (PDG de Sofiproteol et président du syndicat majoritaire des Agriculteurs de la FNSEA) a affirmé la semaine dernière au Salon de l’Agriculture que "les importations d'Ogm ne posent aucun problème à qui que ce soit en France..."
http://replay.publicsenat.fr/vod/preuves-par-3/invite-xavier-beulin/xavier-beulin/198045

... nous ça nous motive pour retrousser nos manches, pas pour le bronzage  mais pour nous battre pour un port propre et sans OGM", concluent les Faucheurs volontaires présents.

mardi, 16 février 2016

Hauts Cantons - Mobilisation Solidaire : " PAS D’OGM DANS NOS CHAMPS ET NOS ASSIETTES !"

CONTRAIREMENT À CE QUE L'ON POURRAIT CROIRE, LES OGM SONT TOUJOURS LÀ !

Afficher l'image d'origine

L'Union Locale CNT des Hauts Cantons relaye cet appel à mobilisation solidaire, février 2016 :

"Bonjour,
A DIFFUSER LARGEMENT !
Des faucheurs sont convoqués en gendarmerie de Bédarieux vendredi 19
février et en gendarmerie de Saint-Pons de Thomières le jeudi 25 février,
suite à une action de destruction de parcelles d'essais de colzas mutés,
véritables OGM cachés, dans le Maine et Loire le 5 avril 2015.

Mobilisons nous pour les soutenir !

19 février: POUR BEDARIEUX: RDV dès 13 h 45 à la gendarmerie.


25 février: POUR SainT-PONS DE THOMIERES: RDV dès 15 h 45 à la gendarmerie.

Pour ceux qui ne connaissent pas Bedarieux, voir le lien ci dessous:

https://www.google.fr/maps/place/24+Route+de+Saint-Pons,+34600+B%C3%A9darieux/@43.606027,3.1470623,17z/data=!3m1!4b1!4m2!3m1!1s0x12b179c50b75c53b:0xfd65be3974ebc19b

Pour ceux qui ne connaissent pas St-Pons:

https://www.google.fr/maps/place/Gendarmerie+Nationale+(Brigade)/@43.4875507,2.7642472,17.75z/data=!4m2!3m1!1s0x12b1ead792379847:0xfcbaba3a5bb2bc9d

Équipez vous pour faire du bruit, (casserole, etc)
apporter café et bonne humeur !"

Le collectif des faucheurs volontaires d'OGM de l'Hérault

Voir les détails sur le document : Tract FV 34 GEVES - BEDARIEUX - ST PONS.pdf

 

jeudi, 19 novembre 2015

Votre chronique : appel à rassemblement à Bédarieux par Faucheurs 34

Faucheurs 34 est à l'initiative d'un appel à rassemblement :

« Une Faucheuse Volontaire d'OGM convoquée à la  Gendarmerie de BÉDARIEUX ce vendredi 20 novembre à 16 h.

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, les ogm sont toujours là.

En effet, la culture du maïs a été interdite. Mais de nouvelles plantes Ogm, lesVRTH(Variétés Rendues Tolérantes aux Herbicides) sont cultivées ou testées en plein champ depuis quelques années. Il s'agit de tournesol et de colza modifiés pour être résistants à un herbicide et destinés, entre autres, à la fabrication d'huile de table.

Ces nouvelles plantes Ogm ne sont pas soumises à la législation spécifique relative aux Ogm au prétexte que leur méthode de fabrication est différente de celle des premières (issues de la transgenèse, c'est-à-dire par introduction dans leur génome d'une portion d'Adn d'une autre espèce). Les nouvelles sont obtenues par mutagenèse, c'est-à-dire que la modification a été effectuée par irradiation ou à l'aide de produits chimiques extrêmement violents. 

En conséquence, leur impact sur l'environnement , c'est-à-dire la dissémination sur les variétés cultivées non Ogm ou sauvages, leur impact sur la santé humaine par l'ingestion de pesticides contenus dans l'huile, ne sont soumis à aucune évaluation. Et tout cela sans la moindre information de la population.

Pour alerter et dénoncer cette situation , les faucheurs volontaires dont une dizaine d'Héraultais, ont fauché des parcelles d'essai de colza du GEVES (Groupe d'Etude et de Contrôle des Variétés et des Semences) dans le Maine et Loire le 5 avril dernier.

Nous tenons à préciser que la Région Languedoc Roussillon, été choisie pour développer la culture de semences de ces plantes mutées OGM.

Nous appelons à venir nombreux soutenir cette faucheuse volontaire, à la gendarmerie de Bédarieux, ce vendredi 20 novembre à 15 h 45.

Pas d'ogm dans nos champs ni dans nos assiettes quelque soit leur mode d'obtention

Collectif faucheurs volontaires 34

Contact faucheurs : collectif@faucheurs-volontaires.fr

mardi, 08 juillet 2014

Vieussan : «Ciné Débat » autour du documentaire « Notre poison quotidien » de Marie-Monique Robin

L'enquête-événement de Marie-Monique Robin, « Le monde selon Monsanto » sur la multinationale américaine qui commercialise 90 % des OGM dans le monde est un retentissant succès d'investigation.

vieussan,hauts cantons,haut languedoc,santé,cancert,poison,pesticides,produits chimiques,ogmMarie-Monique Robin, journaliste d'investigation pour "Révéler ce que certains voudraient taire"

L'objet de cette nouvelle enquête : les pesticides, additifs, colorants, emballages... Et la question fondamentale : « Comment les produits chimiques qui contaminent notre chaîne alimentaire sont-ils testés, évalués, puis réglementés ?»

D’après l’Institut National de la Recherche et de la Sécurité (INRS) «la France a consommé en 2005, 4,8 millions de tonnes d’agents chimiques considérés comme cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). Pour 10 substances, la consommation était supérieure à 100 000 tonnes par an.» 

« Peut-on établir un lien entre la contamination de la chaîne alimentaire par des substances chimiques et l'épidémie de maladies chroniques que l'Organisation Mondiale de la Santé constate un peu partout dans le monde ? »

D’après l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé, «chaque année, 1 à 3 millions de personnes sont victimes d’intoxication aiguë par les pesticides et plus de 200 000 en meurent.»

«Tout est poison, rien n'est poison. La dose fait le poison.» Paracelse (1493-1541) 

« L’épidémie actuelle de cancers, maladies neurologiques et dysfonctionnements du système immunitaire, est en grande partie liée à l'exposition des quelques 100 000 molécules chimiques qui ont envahi notre alimentation et notre environnement.»

Le volume de substances chimiques produites dans le monde est passé de 1 million de tonnes, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, à 400 millions de tonnes annuelles.

Sur les 100 000 produits chimiques commercialisés depuis 1945 seulement 3% ont été testés, et 935 ont été évalués par le Centre International de la Recherche sur le Cancer (CIRC). 

La France est le premier utilisateur européen de pesticides, avec une consommation annuelle d’environ 80 000 tonnes.

Le marché annuel des pesticides représente 25 milliards de tonnes.

« L'enquête met en évidence la réalité de ces effets, mais également l'opacité et le mensonge de l'industrie agro-alimentaire et des décideurs politiques. »

Savons-nous réellement ce que nous mangeons ? Qui ne s’est jamais un jour posé cette question ? Un sujet qui nous concerne tous et  pose la question de notre alimentation. 

«Comment l'industrie chimique empoisonne-t-elle  notre assiette ? » 

L'Union Locale CNT des Hauts Cantons  propose la projection du documentaire de Marie-Monique Robin « Notre poison quotidien »

Ciné Débat  qui nous concerne tous. Entrée libre. Vendredi 11 Juillet à  20 h, dans la salle du peuple de Vieussan.

Interview de Marie-Monique Robin ("Les Moissons du Futur")

dimanche, 23 mars 2014

C'est votre rubrique : Ici comme ailleurs, "On ne cultive plus la terre, on l’exploite."

Témoignage, dans le Vaucluse : "Les OGM empoisonnent la planète à petit feu" Recueilli par KATHY HANIN Mireille Lambertin : "On ne cultive plus la terre, on l’exploite."
Mireille Lambertin : "On ne cultive plus la terre, on l’exploite." (D.R)
 
Mireille Lambertin, médecin à Vedène et faucheur volontaire, est formelle : les OGM sont très toxiques  pour la nature et la santé.

Comment êtes-vous entrée dans ce combat contre les OGM ?

Je suis médecin et, depuis trente ans, j’ai vu certaines pathologies évoluer de façon explosive : les cancers, le diabète, les maladies auto-immunes, les troubles neurologiques comme Alzheimer ou Parkinson, les troubles de la reproduction. Il y a un lien évident entre l’air que l’on respire, la qualité de ce que l’on mange, et la santé.

Et quand j’ai vu le film de Marie-Monique Robin “Le Monde selon Monsanto”, ça a été un choc. Cette firme empoisonne la planète mais a pignon sur rue.

Monsanto est le leader mondial des semences OGM. Quel est le principe d’un OGM ?

C’est un organisme génétiquement modifié, une technique utilisée à grande échelle depuis les années 80. C’est-à-dire qu’on va modifier l’ADN d’une plante ou d’un animal. On isole un gène que l’on transforme avant de le réintroduire. Les OGM ont été créés pour rendre les plantes plus résistantes aux pesticides. Monsanto fournit donc la semence et le pesticide, le fameux RoundUp®, pour asperger les champs. Les mauvaises herbes sont détruites, la plante semée résiste. Mais le système dérape vite car la nature s’adapte, les mauvaises herbes deviennent résistantes à leur tour.

On dit que les OGM ont été inventés pour améliorer les rendements agricoles et mieux nourrir la planète. Selon vous, c’est faux ?

Évidemment que c’est faux. Les OGM ne servent que l’agriculture industrielle. En Argentine, par exemple, on rachète les terres de productions vivrières aux petits paysans pour créer de grandes exploitations de soja transgénique pour la nourriture animale ou le biocarburant. On ne nourrit pas les hommes, on fait de l’argent. Et avec l’épandage aérien de pesticides, les cas de cancers, de malformations et d’avortements se multiplient.

Existent-ils plusieurs sortes d’OGM ?

99 % des OGM sont des résistants aux pesticides. Mais d’autres ont été créés pour produire eux-mêmes leur propre insecticide. Ils diffusent donc en continu dans le sol et nous les mangeons…

C’est face à ces constats que vous êtes devenu “faucheur volontaire” ?

Oui et c’est grâce à l’action des faucheurs volontaires que le moratoire sur la culture des OGM en plein champ a été voté en 2008. Mais rien n’est gagné puisqu’il vient d’être levé par le Conseil d’État. C’est actuellement l’omerta sur les accords commerciaux entre l’Europe et les États-Unis mais les OGM en sont un des enjeux. Nous sommes très vigilants.

En France, on est donc encore préservé des OGM ?

Oui et non. Nous n’avons pas de culture mais les animaux que nous mangeons sont nourris avec des OGM. On ne le sait pas mais 80 % du soja importé chaque année du Brésil pour nourrir les porcs et les volailles est transgénique.

Et on crée des OGM “cachés”, des plantes mutées pour résister aux herbicides, particulièrement le colza et le tournesol, une technique considérée comme plus anodine qui n’entre donc pas dans la directive sur les OGM. C’est pourtant le même principe.

La toxicité des OGM est-elle scientifiquement prouvée ?

L’étude Séralini a fait grand bruit en 2012. Elle a prouvé sur des rats la toxicité rénale et hépatique des OGM. Pire, ils ont développé des tumeurs qui faisaient 25 % de leur poids. Mais cette étude choc, publiée dans une grande revue scientifique, a été retirée après que Monsanto est entré au comité de contrôle de ce journal…

Vous dites que Monsanto privatise le vivant. Pourquoi ?

Parce qu’il a breveté ses OGM. Un paysan ne peut plus ressemer ses graines, il doit les racheter chaque année. En France, les semences sont réglementées, il existe un catalogue avec des variétés de plus en plus standardisées qui s’affaiblissent. Or, la variété des semences, c’est le réservoir de la biodiversité. Il reste les semences paysannes libres mais pour combien de temps encore ?

Avec les OGM, on joue aux apprentis sorciers ?

La nature est désorientée. Les pesticides tuent les abeilles qui ne pollinisent plus. En Chine, on en arrive à polliniser les fleurs au pinceau. En Israël, on travaille sur une abeille transgénique. C’est la fuite en avant.

Peut-on encore revenir en arrière ?

Si chacun prend conscience de ce qu’il mange et fait un effort oui. L’idéal est de manger bio, local et de saison. Ce n’est pas forcément plus cher. L’agroécologie peut nourrir la planète, il suffit de renouer avec ce savoir paysan, de respecter les cycles de la nature, les sols. Mais il y a tellement d’enjeux financiers dans les OGM...

OGM : DEUX JOURS POUR EN PARLER

Samedi 8  février et dimanche 9 février, la sixème édition de "Faites sans OGM" est organisée au Thor (salle des fêtes), une des rares villes de Vaucluse gérée par un maire écologiste. Deux jours de débats, de conférences mais aussi de spectacles pour expliquer "qu'un autre futur sans OGM est possible". "Les OGM modifient de façon irréversible le monde du vivant, menacent la biodiversité et notre alimentation", alerte Mireille Lambertin.

Samedi 8 février,  de 9h30 à 12h30 : hold-up sur le vivant. De 14h30 à 17h30 : hold-up sur la démocratie. A 21h concert de Caravane Namaste et Macadam Bazar.

Dimanche 9 février, de 9h à 12h : les graines de la résistance. A 14h30 : spectacle "Amen ton pèze".

Programme complet sur www.follavoine.org